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Résilience et charge frontale

Deux solos plus contemporains au Trident

Ce qu'on respire sur Tatouine
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Marc-Antoine Marceau joue, avec subtilité et sensibilité, les moments de détresse, de joie et de résilience d’un jeune homme qui souffre de fibrose kystique.

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Parallèlement aux pièces classiques La Sagouine et Exercices de style, le Trident fait un saut dans le monde contemporain avec Ce qu’on respire sur Tatouine et Les barbelés. Deux performances remarquables offertes par Marc-Antoine Marceau et Mélissa Merlo. 

Deux pièces qui étaient à l’affiche et qui ont été suspendues en raison du passage en zone rouge.

Ce qu’on respire sur Tatouine, présentée devant un maximum de 50 spectateurs, dans la salle de répétition John-Applin, est l’adaptation théâtrale du roman de Jean-Christophe Réhel. Un livre qui a été le coup de coeur de plusieurs lecteurs depuis sa parution en 2018.

Marc-André Marceau se glisse dans la peau d’un jeune homme qui souffre de fibrose kystique. Installé sur un bloc qui peut ressembler à une parcelle de planète, l’acteur se raconte et livre ses réflexions sur sa vie. Une vie pas facile, remplie de résilience et qu’il tente de vivre à travers sa maladie respiratoire.

Cet homme, qui a 31 ans, est un fan de Star Wars, et les références sont nombreuses tout au long de la pièce qui se termine un peu abruptement.

Dans la cour

Marc-André Marceau campe avec subtilité ce jeune homme, sans aller dans les excès, entouré du musicien-bruiteur Olivier Forest et de Stéfanelle Auger, qui fait des voix. Il joue bien et avec sensibilité les moments de détresse et de joie qu’il vit. 

On y croit et la configuration de la salle permet une proximité qu’on n’a pas souvent la chance de vivre au théâtre. Et c’est un énorme plus et un élément positif de ces petites formes. 

À 20 h, à l’extérieur, dans la cour du Conservatoire d’art dramatique, Mélissa Merlo livre une performance coup de poing dans Les barbelés.

Ce qu'on respire sur Tatouine
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois

La jeune comédienne livre les mots et la poésie d’Annick Lefebvre avec fracas. C’est fort, puissant et rentre-dedans.

Mélissa Merlo joue une jeune femme qui va bientôt mourir. Elle le sait, elle se lance dans une charge intense et elle se vide le coeur. Elle se délivre de ses douleurs intérieures devenues des barbelés qui sont en train de l’étouffer. 

Elle joue une jeune femme qui va bientôt mourir et qui se vide le cœur. Elle se délivre, avec fracas, de ses douleurs intérieures devenues des barbelés qui sont en train de l’étouffer. 

L’injustice, le racisme, la désinformation, le stress, la violence, l’ignorance et l’omniprésence des opinions sont abordés. C’est fort, puissant et rentre-dedans.

La comédienne, qui joue pieds nus, est totalement investie dans cette charge et elle livre une performance remarquable et tout en intensité. Il y a beaucoup de mots et de phrases.

«On a besoin d’une pause, d’un temps d’arrêt, d’une accalmie», lance-t-elle, avant de s’effondrer sur le sol.