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Et la culture, bordel!

Et la culture, bordel!
Photo d'archives Simon Clark

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Mieux vaut parler des problèmes qui nous occupent que du minable débat entre les candidats à la présidence des États-Unis auquel nous avons eu droit mardi soir. Pauvres Américains.

Aucun gagnant, mais une grande gagnante: la cacophonie! Un modérateur médiocre et complaisant.

Bref: inutile et mortel des deux bords. Ce pays est voué à la catastrophe à plus ou moins long terme.

Parlons plutôt du secteur culturel, que le gouvernement du Québec s’est empressé de remettre en veilleuse pour les prochains 28 jours.

Parlons des arguments douteux que le premier ministre nous a servis pour justifier cet arrêt des opérations.

Selon le premier ministre, le danger de se tenir dans une salle de théâtre tient au temps que l’on y passe.

Tiens donc, se tenir assis dans un fauteuil de théâtre ou de cinéma en respectant les mesures et les gestes barrières serait plus risqué pour notre santé que de passer deux heures chez le coiffeur ou à s’entraîner au gym.

Monsieur Legault affirme apprécier le théâtre et y aller au moins une fois par mois. On comprend aisément qu’il n’en ait pas eu le loisir récemment, mais, s’il en avait eu la chance, il aurait constaté à quel point c’est un lieu sécuritaire.

Il aurait été à même de juger des bienfaits que l’on peut en tirer en temps de crise.

Si le gouvernement a privilégié de maintenir les salles de sport ouvertes, pourquoi pas les salles de spectacle, les musées, les cinémas, les bibliothèques? Ne représentent-ils pas, autant que le sport, une soupape qui permet de ventiler le stress en s’aérant l’esprit?

On ne parle pas ici de foules de spectateurs entassés dans des stades remplis à craquer, mais de salles à capacité restreinte.

Les artistes ne cessent de se réinventer et n’attendent pas, les bras croisés, qu’on les subventionne. Ils savent bien qu’il n’y a pas de sot métier et sont prêts à s’engager dans d’autres voies pour survivre. L’industrie du spectacle et de la culture emploie plusieurs corps de métier dont les artisans sont privés de revenus.

Nous sommes résignés, nous respecterons les décisions du gouvernement parce que nous sommes responsables et que la santé publique nous tient à cœur. Nous en avons gros sur la patate, mais nous sommes solidaires.

Nous sommes sensibles au sort des restaurateurs et des tenanciers de bars, mais, dans le domaine des arts vivants, nous ne faisons pas de «take-out». Pensez à nous. Au fait nous aurions aimé entendre notre ministre de la Culture.