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Une conquête sans astérisque

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Photo AFP Les joueurs et les dirigeants du Lightning ont récolté les fruits de leur labeur, lundi soir.

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Tout est bien qui finit bien. On n’inscrira pas un astérisque à côté du nom des champions de la Coupe Stanley de 2020. 

Le Lightning de Tampa Bay n’a pas été favorisé par les circonstances hors de l’ordinaire dues à la COVID-19. Sa conquête de la coupe est tout ce qu’il y a de plus légitime. Ils étaient nombreux à l’avoir prédite avant la saison.

Les joueurs du Lightning devaient se prouver à eux-mêmes et à tout le monde après leur déroute de l’an dernier en première ronde des séries aux mains des Blue Jackets de Columbus. S’ils s’étaient enfargés une deuxième fois, on les aurait traités de chokeux.

Le mérite de BriseBois

Il est juste de dire que Steve Yzerman, qui est parti pour Detroit l’an dernier, y est pour beaucoup dans ce triomphe. Mais on ne peut absolument rien enlever à Julien BriseBois, qui a servi sous ses ordres pendant huit ans avant d’être promu au poste de directeur général.

Yzerman serait le premier à dire que BriseBois a joué un rôle de premier plan dans la reconstruction du Lightning, qui avait raté les séries trois années consécutives avant leur arrivée.

Au début de leur association, BriseBois lui a suggéré de rencontrer Guy Boucher, qu’il avait lui-même recommandé à Bob Gainey à sa dernière saison dans l’organisation du Canadien pour le poste d’entraîneur en chef des Bulldogs de Hamilton.

Entraîneur spécial

Boucher a mené le Lightning à une victoire de la finale de la Coupe Stanley à sa première campagne derrière le banc. Son influence s’est dissipée plutôt rapidement. 

Quand le moment est venu de procéder à un changement d’entraîneur, le Lightning avait dans sa manche un autre entraîneur nouvelle vague prêt à prendre la relève.

BriseBois avait été impressionné par la personnalité et les idées de Jon Cooper, alors qu’il était à la recherche d’un entraîneur pour les Admirals de Norfolfk, l’équipe-école du Lightning à l’époque.

Le Lightning a raté les séries deux fois lors des cinq premières saisons de Cooper derrière le banc. La première fois, c’était lors de la dernière saison marquée par un lock-out (2012-2013). Les carottes étaient déjà cuites quand il a succédé à Boucher.

La deuxième fois, c’était il y a trois ans. Le Lightning avait terminé à un point du huitième rang dans l’Association de l’Est. Cooper a néanmoins conservé la confiance de ses patrons.

Alors que le Lightning se dirigeait vers une saison de 62 victoires et de 128 points l’année dernière, Cooper s’est vu offrir une prolongation de contrat de plusieurs saisons par BriseBois.

Pas de temps pour pleurer

Dans une entrevue qu’il m’avait accordée en octobre dernier, BriseBois n’avait pas caché que l’élimination en quatre matchs de son équipe contre les Blue Jackets avait été douloureuse. Mais il avait trouvé le moyen de faire de l’humour.

« Mon emploi du temps a fait en sorte que je n’ai pas eu trop le temps de pleurer dans mes Corn Flakes », avait-il dit.

Il a été actif sur le marché des joueurs autonomes en embauchant Pat Maroon, qui venait de remporter la coupe Stanley avec les Blues de Saint-Louis, ainsi que Kevin
Shattenkirk, dont le contrat avait été racheté par les Rangers de New York, et Luke Schenn.

En février dernier, il a joué le tout pour le tout en échangeant aux Devils du New Jersey un choix de première ronde, qu’il avait obtenu des Canucks de Vancouver, et le jeune espoir Nolan Foote en retour de Blake Coleman. Ce dernier a bien joué dans les séries en récoltant 13 points en 25 matchs.

BriseBois est aussi celui qui a amené Mathieu Darche (vice-président des opérations hockey), Michel Boucher (recruteur amateur) et Jean-Philippe Côté (directeur du développement des joueurs), à qui il avait ouvert les portes de l’organisation du Canadien, au sein du personnel hockey du Lightning.

Yanni Gourde et Cédric Paquette ont su, pour leur part, faire leur place dans la formation.

Beaucoup de résilience

Depuis lundi soir, joueurs et dirigeants du Lightning récoltent les fruits de leur labeur. Personne ne peut leur enlever cette coupe.

Dans un texto qu’il m’a envoyé aux petites heures hier, BriseBois dit : « Vraiment un beau moment. Elle [la coupe] est tellement difficile à remporter !!! Il ne suffit pas d’avoir une bonne équipe avec de bons joueurs. Il faut de l’opportunisme et de la chance. Surtout, beaucoup de résilience. »

BriseBois peut maintenant prendre le temps de déguster ses Corn Flakes. Mais du gros travail l’attend encore au cours des prochaines semaines. 

Les contrats de Mikhail Sergachev, d’Anthony Cirelli et d’Erik Cernak sont échus et BriseBois ne dispose que de 5,33 millions sur sa masse salariale pour la prochaine saison.

C’est la rançon des équipes championnes.