/news/politics
Navigation

Arrestations d’octobre 70: le PLQ bloque une motion, Trudeau refuse de s’excuser

La cheffe du PLQ, Dominique Anglade
Photo Geneviève Lajoie La cheffe du PLQ, Dominique Anglade

Coup d'oeil sur cet article

Les libéraux à Québec ont refusé, jeudi, d’appuyer une motion exigeant des excuses d’Ottawa pour l’arrestation sommaire de près de 500 Québécois durant la crise d’Octobre, tandis que Justin Trudeau a évité de se prononcer sur la question.

• À lire aussi: Crise d’Octobre: débat à Québec sur des excuses d’Ottawa

Le PLQ a bloqué, au Salon bleu, l’adoption d’une motion du Parti québécois, appuyée par la CAQ et QS, qui exigeait des excuses formelles du premier ministre canadien pour la vague d’arrestations qui a fait suite à l’enlèvement de James Cross et Pierre Laporte en octobre 1970.          

  • Écoutez le chef du Parti québécois avec Benoît Dutrizac, sur QUB radio:   

Le libellé spécifiait que «pas moins de 497 Québécoises et Québécois ont été injustement arrêtés et emprisonnés, et 36 000 personnes ont fait l’objet d’une perquisition abusive en raison de leur allégeance politique indépendantiste». 

De plus, la motion exigeait «l’ouverture complète des archives de toutes les institutions fédérales impliquées dans ces tristes événements, et ce, afin de faire, une fois pour toutes, la lumière sur cette période trouble de notre histoire».  

  • Écoutez Mathieu Bock-Côté, chroniqueur et blogueur au Journal de Montréal et au Journal de Québec et animateur du balado « Les idées mènent le monde » à QUB radio:

Contexte plus large

En point de presse, par la suite, la cheffe libérale Dominique Anglade a fait valoir que la motion ne répondait pas à la vision de son parti concernant les événements. La vague d’arrestations, a-t-elle fait valoir, avait été précédée par des attentats à la bombe, puis par l’enlèvement de James Cross et Pierre Laporte. Ce dernier était un ministre libéral dans le gouvernement de Robert Bourassa.  

«On n’a pas voté en faveur d’une demande d’excuses formelles à Ottawa, a commenté Mme Anglade. On n’était pas en accord avec cette motion telle qu’elle était libellée.»  

Le PLQ, a-t-elle déclaré, déposera la semaine prochaine une motion plus large sur «l’ensemble de la crise d’Octobre».        

  • Écoutez Frédéric Bastien, historien et candidat à la chefferie du PQ, sur QUB radio:    

Trudeau ne s’engage pas

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a également refusé de s’engager à offrir des excuses officielles, comme il l’a fait pour plusieurs autres groupes depuis son élection.   

«C’est certain que les événements d’octobre 1970 ont été très difficiles pour bien des Québécois. Je pense qu’il faut commencer par avoir une pensée pour la famille de Pierre Laporte, pour qui cet anniversaire ramène de très douloureux souvenirs», s’est contenté de commenter M. Trudeau, jeudi.  

Ottawa doit s’excuser

Le premier ministre François Legault croit pourtant qu’Ottawa doit présenter ses excuses. «Il y a eu des mesures qui ont été mises en place, puis il y a des personnes qui ont été arrêtées sans fondement. Donc, je pense qu'il devrait y avoir des excuses», a-t-il déclaré en conférence de presse.  

Quant au PQ, il estime que «le Parti libéral du Québec rate une occasion de faire front commun». «C'est honteux. Mais ce qui est plus honteux encore, c'est que Justin Trudeau refuse de s'excuser pour ce que les victimes des arrestations et perquisitions abusives ont subi en octobre 1970», affirme le chef péquiste intérimaire, Pascal Bérubé, dans une déclaration écrite.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.