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Le Québec exportateur

Le ralentissement économique est le fruit de la pandémie, mais la réponse politique pourrait ralentir également les exportations.
Photo AFP Le ralentissement économique est le fruit de la pandémie, mais la réponse politique pourrait ralentir également les exportations.

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Le débat à la présidence des États-Unis de mardi soir a été à la hauteur de ce à quoi je m’attendais. Pas grand-chose !

Un président sortant hargneux, incapable d’expliquer ses contradictions et d’une impolitesse sans nom contre un aspirant qui semblait parfois mou et qui jonglait entre le désir de répondre à chaque attaque lancée par son adversaire et rester en contrôle de ses émotions.

Je ne suis pas si certain qu’un changement à la présidence des États-Unis en novembre prochain sera nécessairement une bonne nouvelle pour le Québec.

Le protectionnisme

Si Joe Biden devient président des États-Unis, les gestes protectionnistes posés par le président Donald Trump pourraient bien se poursuivre.

Les effets de la COVID-19 se font sentir dans toutes les économies. Le protectionnisme souvent critiqué devient aujourd’hui une solution qui permet à un gouvernement de démontrer qu’il s’occupe de son monde.

Dans le débat, Joe Biden a affirmé qu’il réintégrera l’Accord de Paris et développera une base industrielle américaine en énergie propre. Des emplois pour les Américains et par les Américains.

Avec ce genre de commentaire, on peut comprendre que la partie ne serait pas gagnée avec une nouvelle tête dirigeante.

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Le nouvel Oncle Sam

Entre 2016 et 2018, je me suis rendu à Washington à quatre reprises dans le cadre de missions politiques et économiques et j’ai été témoin du changement de discours des sénateurs et des élus de la Chambre des représentants entre la présidence Obama et Trump.

En quelques mois, nous sommes passés de discussions portant sur les manières d’assurer une croissance rapide des échanges commerciaux à la protection de nos acquis pour l’ensemble des industries québécoises dans le cadre de la renégociation de l’ALENA.

J’ai assisté à des rencontres où des secrétaires du président Trump tentaient de diviser le consensus canadien en comparant les autres provinces et territoires au Québec sur certains sujets. Leur but était simple : créer une brèche pour affaiblir la position nationale défendue par le premier ministre Trudeau. 

Peu importe le gagnant de la prochaine élection, le style Trump aura marqué les esprits au point de modifier la manière d’échanger sur les sujets de coopération économique.

La stratégie québécoise

Des emplois ici dépendent directement de notre capacité à exporter et pour le faire post-COVID, il faudra notamment faciliter l’investissement des entreprises en innovation. 

La situation américaine nous rappelle qu’en temps de pandémie, le Québec doit se positionner sur l’échiquier mondial afin de ne pas rater le train de la relance économique.

Nous devons nous différencier si nous voulons conquérir de nouveaux marchés. Il est possible de produire et de consommer plus chez nous, mais n’oublions pas que les exportations internationales et interprovinciales de biens et services doivent demeurer un fer de lance important parce qu’elles ont représenté 44,3 % du PIB québécois après les deux premiers trimestres de 2020 et 46,6 % au cours de la même période de 2019.