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Natation artistique Canada dans la tourmente

Des plaintes d’abus et de harcèlement ont forcé l’arrêt des activités du centre d’entraînement à Montréal

Nage synchronisée
Photo d’archives L’équipe canadienne de nage synchronisée aux Championnats du monde de sports aquatiques.

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Les activités du centre d’entraînement de Natation artistique Canada, situé à Montréal, sont suspendues depuis lundi et jusqu’à nouvel ordre en raison d’une enquête externe qui a été lancée pour répondre à des plaintes d’abus et de harcèlement qui se dérouleraient depuis janvier 2019.

La directrice du sport de l’organisation, Julie Healy, a rencontré les 18 nageuses, lundi, pour leur annoncer la nouvelle. Radio-Canada Sports a mis la main sur l’extrait de l’entretien. Mme Healy disait aux athlètes que les allégations touchaient Natation artistique Canada, le programme, le personnel d’entraîneurs et elle-même tout en ajoutant que l’environnement n’était pas jugé sécuritaire et que les athlètes devaient se taire au sujet du harcèlement et des abus, selon les informations de la société d’État.

« C’est la première fois qu’on reçoit de tels commentaires, a affirmé la directrice générale, Jackie Buckingham, à qui nous avons parlé, jeudi après-midi. Nous avons reçu quelques courriels et nous aurions réagi même si nous en avions reçu un seul. »

« On ne sait pas exactement ce qui s’est passé et c’est pourquoi nous avons retenu une firme externe d’experts pour faire la lumière sur les événements de poursuivre Mme Buckingham. Toutes les athlètes et les entraîneurs seront rencontrés ainsi que des entraîneurs de clubs qui ont soulevé des problèmes et qui auront l’occasion de s’exprimer. On ne veut pas fixer d’échéanciers parce qu’on ne souhaite pas mettre de pression sur la firme externe pour conclure son travail le plus rapidement possible. »

Un incident qui s’est produit jeudi dernier a été l’élément déclencheur de la suspension des activités. Entré en fonction officiellement en janvier 2019, l’entraîneur-chef Gabor Szauder a tenu des propos désobligeants à l’endroit des communautés noire, musulmane et LGBTQ. Ses propos nous ont été confirmés par la nageuse Andrée-Anne Côté présente lors des événements. « L’entraîneur-chef a tenu des propos racistes et j’ai exprimé mon désaccord, a confié la nageuse qui évolue au sein du programme national depuis 2016. Je n’endosserai jamais ses propos et ne les excuserai pas, mais il y a un travail d’éducation à faire. Notre entraîneur arrive d’ailleurs [Hongrie] et il a une culture différente. On doit l’aider non pas en l’isolant, mais en lui offrant de l’aide si on veut améliorer la cause des minorités visibles. »

Environnement sécuritaire

Curieusement, une séance d’information portant sur l’inclusion était à l’horaire cette semaine. La DG assure que la rencontre était déjà prévue et qu’elle n’avait aucun lien avec des plaintes que Natation artistique Canada aurait reçues préalablement. 

« Nous avons débuté un programme sur l’inclusion et un environnement sécuritaire cet été et cette séance était prévue, a affirmé Mme Buckingham. Une autre séance était aussi prévue pour les gestionnaires. Si des membres de notre personnel ont commis une erreur, l’enquête va nous l’apprendre et nous allons pouvoir discuter du problème. Notre personnel d’entraîneurs et de soutien est composé de bonnes personnes et si une d’entre elles a commis quelque chose de mal nous allons corriger la situation. L’enquête porte sur les faits allégués et non sur les personnes. »

Deuxième nageuse comptant le plus d’années d’expérience au sein du programme national après Jacqueline Simoneau qui a pris part en duo aux Jeux olympiques de 2016 à Rio, Côté soutient qu’elle évolue dans un environnement propice à son épanouissement comme athlète et comme personne.

« Personnellement, je n’ai jamais senti que j’évoluais dans un environnement qui n’était pas sécuritaire, a-t-elle affirmé. Depuis l’arrivée du nouvel entraîneur en janvier 2019, je ne me suis jamais sentie aussi en sécurité. 

La santé est la priorité du coach, et je me sens plus en sécurité que lors des années précédentes. 

Il y a trois ans, j’aurais compris qu’il y ait une enquête au sujet de la sécurité. Je ne peux pas parler pour les autres filles, mais c’est ma vision. »

Jeux olympiques

À moins de 300 jours des Jeux olympiques de Tokyo, la fermeture du centre national n’est pas la meilleure nouvelle pour les athlètes. 

« Il y aura des conséquences importantes sur notre préparation, a prévu Côté. 

Pour l’instant, on va s’entraîner chacune de notre côté comme nous l’avons fait pendant le confinement, mais on a besoin de travailler ensemble. Quand on va pouvoir reprendre l’entraînement en groupe. Peu importe les conclusions de l’enquête, il va y avoir des répercussions majeures. »

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