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Décès de Joyce Echaquan: «Je ne comprends pas à quoi joue le chef Picard», déplore Legault

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Le torchon brûle après l’annulation à la dernière minute par le chef Ghislain Picard d’une rencontre au sommet avec François Legault vendredi, dans la foulée du décès de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette.

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«Je ne comprends pas à quoi joue le chef Picard», a déclaré le premier ministre en point de presse, quelques heures après que le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) lui eut fait faux bond.  

La rencontre, prévue de longue date, avait été devancée après le décès d’une femme atikamekw, Joyce Echaquan, lundi dernier. Dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook peu avant sa mort, on peut entendre deux employées de l’Hôpital de Joliette tenir des propos racistes et dégradants envers la femme de 37 ans.  

«J’ai beaucoup de difficulté à suivre le chef Picard», a dit M. Legault en marge d’une annonce sur le plan d’aide au secteur culturel. Selon lui, le chef de l’APNQL aurait aussi annulé récemment, à la dernière minute, une autre rencontre prévue avec la présidente du Conseil du trésor et la ministre responsable des Affaires autochtones. 

Demande des Atikamekw

En entrevue à TVA Nouvelles, le chef Picard a fait valoir que les chefs atikamekw souhaitaient également participer à la rencontre avec le premier ministre Legault, ce qui aurait été refusé.      

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«Ce n’est pas vrai. La seule chose qu’on a dite, comme on dit à tous les visiteurs, c’est vous ne pouvez pas être plus que trois pour des raisons sanitaires», s’est défendu M. Legault en évoquant le contexte de la pandémie.  

Racisme systémique

Le premier ministre a également été interpellé par l’avocat de la famille de Mme Echaquan, lors d’un point de presse à Joliette. Me Jean-François Bertrand a réclamé que M. Legault reconnaisse l’existence d’un racisme systémique vécu par les Premières Nations.  

D’ailleurs, le rapport Viens, sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, déposé l’an dernier, notait l’existence d’une discrimination systémique, notamment dans le système de santé.  

Mais le premier ministre a de nouveau rejeté, vendredi, l’idée d’un tel concept au Québec. Le terme, estime-t-il, vise plutôt à décrire la réalité vécue par les Afro-Américains aux États-Unis. «Pour moi, quand on parle de racisme systémique, c’est en relation avec les Noirs aux États-Unis, pour les raisons que nous connaissons, a-t-il affirmé en anglais. Je ne vois pas ça au Québec. Mais, bien sûr, il y a du racisme à l’endroit des Premières Nations au Québec et je veux le combattre. Je veux être le gouvernement qui posera le plus de gestes contre le racisme envers les Premières Nations.» 

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