/news/currentevents
Navigation

Le racisme systémique «a tué» Joyce

Le conjoint de la femme attikamek décédée à l’hôpital de Joliette et sa famille veulent que justice soit rendue

Coup d'oeil sur cet article

La famille toujours dévastée de la femme attikamek décédée dans « l’humiliation » à l’hôpital de Joliette se lance dans une bataille juridique pour lui rendre justice. 

• À lire aussi - Mort de Joyce Echaquan: «on a assisté à un meurtre au second degré», soutient le Dr Stanley Vollant

• À lire aussi - Décès de Joyce Echaquan: «Je ne comprends vraiment pas à quoi joue le chef Picard», déplore Legault

« Ma conjointe a vécu ses derniers jours dans l’agonie entourée de gens méprisants. Les derniers mots qu’elle a entendus avant de mourir, de ceux qui étaient supposés la protéger : des insultes, l’humiliation », a laissé tomber le veuf de Joyce Echaquan, Carol Dubé, la voix étranglée par les larmes. 

Lors d’une conférence de presse à Joliette vendredi, il s’est adressé pour la première fois aux médias depuis les événements de lundi dernier. 

Carol Dubé, le veuf de Joyce Echaquan (que l’on voit sur une affiche), n’a pu contenir ses larmes alors qu’il s’adressait pour la première fois aux médias, vendredi, consolé par le porte-parole de la famille, Guy Niquay (en noir) et son avocat, Jean-François Bertrand (assis à droite)
Photo Anne-Sophie Poiré
Carol Dubé, le veuf de Joyce Echaquan (que l’on voit sur une affiche), n’a pu contenir ses larmes alors qu’il s’adressait pour la première fois aux médias, vendredi, consolé par le porte-parole de la famille, Guy Niquay (en noir) et son avocat, Jean-François Bertrand (assis à droite)

« On a enlevé la vie de ma femme, de la mère de mes sept enfants. On a enlevé la vie de ma conjointe Joyce. Elle n’est plus ici, avec nous, a-t-il soufflé. [...] Je ne peux pas être colère présentement parce que je ne veux pas devenir comme ceux... je ne suis pas comme eux autres qui l’ont... j’ai juste de la tristesse. »

La femme hospitalisée à Joliette, en proie à de vives douleurs, a diffusé lundi une vidéo en direct sur Facebook depuis son lit d’hôpital. On peut y entendre des propos discriminatoires, racistes et d’une rare violence à son endroit. 

« Esti d’épaisse de tabarnouche... C’est mieux mort, ça. As-tu fini de niaiser... câlisse ? » ont notamment maugréé une infirmière et une préposée, qui ont ensuite été congédiées. 

« Faire la lumière » 

Jean-François Bertrand, l’avocat qui représente la famille, entend utiliser « tous les recours » que la loi met à sa disposition « pour faire toute la lumière » sur la mort de la femme de 37 ans. 

« On va frapper fort », a-t-il lancé. 

Un recours en dommages et intérêts sera entre autres intenté contre le Centre hospitalier régional de Lanaudière et les membres du personnel impliqués, mais aussi, « ceux qui étaient complices par leur silence ».

« Justice pour Joyce ! Justice pour mes enfants ! Justice pour ma nation attikamek ! » a réclamé M. Dubé, dans un cri de colère. 

Une plainte aux autorités policières, que l’avocat et le chef de la communauté attikamek de Manawan, Paul-Émile Ottawa, espèrent voir aboutir à des accusations criminelles, sera également déposée.

« Je suis ici pour ma femme Joyce et ses sept enfants, qui ne la reverront plus jamais. Car ce sont eux les plus grands perdants », a déploré le père endeuillé.

Un traitement différent ?

Me Bertrand demandera aussi la tenue d’une enquête publique entourant le traitement réservé aux membres de la communauté autochtone à ce centre hospitalier. 

« C’est quoi le problème à l’hôpital de Joliette ? » a-t-il demandé. 

« Je suis convaincu que ma conjointe est décédée parce que le racisme systémique a contaminé l’hôpital de Joliette. Il a tué ma conjointe, a fait valoir M. Dubé. Elle a eu droit à des commentaires dénigrants qui démontrent encore une fois que nous sommes traités différemment, nous, les Autochtones. »