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L’avenir, c’est maintenant

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Photo d'archives, Ben Pelosse Après avoir prolongé le contrat de Jeff Petry, le Canadien doit maintenant attirer un attaquant talentueux pouvant faire partie du top 6.

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Que Marc Bergevin présente un modèle d’affaires axé sur le présent plutôt que sur l’avenir, il n’y a pas de quoi s’étonner.

Ce virage sur le plan de la gestion des effectifs s’explique par les nombreuses opportunités que les directeurs généraux se verront offrir pour tenter un coup fumant.

À travers la ligue, que vous discutiez avec des recruteurs ou encore avec quelques directeurs généraux, le consensus veut qu’il y ait des surprises et, surtout, de l’avis de la plupart des décideurs, qu’il y a plus que jamais des patineurs que l’on disait de valeur, mais qui ne le sont plus.

Et ça n’a rien à voir avec le talent et les performances des athlètes.

Deux conditions

La situation est créée par la pandémie, par la nouvelle structure qu’exige maintenant un plafond salarial au beau fixe pour au moins deux ou trois saisons et, le plus important, les directeurs généraux sont confrontés à deux conditions.

  • Ils devront réduire la masse salariale dans le but de respecter les règlements de la ligue.
  • Certains auront à composer avec un plafond salarial « interne », c’est-à-dire un plafond salarial qu’exigeront des propriétaires insistant sur l’importance d’amenuiser les pertes financières.  

Par conséquent, on souligne chez les directeurs généraux, qui multiplient les appels depuis quelques semaines, que des joueurs qu’on n’aurait pas cru voir dans la vitrine y sont. Il y a donc beaucoup d’effervescence dans les bureaux des décideurs.

Cartes sur table

Bergevin, qui a toujours insisté sur l’avenir de l’organisation, chante un autre refrain parce que, justement, l’opportunité de grandir rapidement et d’atteindre de nouveaux standards l’invite à démontrer de l’audace et, du même coup, à faire preuve de créativité.

Quand on possède un compte de banque bien garni, quand on compte sur des jeunes joueurs aux profils intéressants pour des équipes désirant réduire la taille de leur masse salariale, Bergevin a de quoi satisfaire quelques-uns de ses homologues.

Après avoir réglé un problème à sa brigade défensive avec Jeff Petry, Alexander Romanov et Joel Edmundson, il ne fait plus de doute que l’acquisition d’un autre attaquant pouvant faire partie du top 6 devient maintenant une priorité. 

Bergevin a admis cette semaine qu’il ne s’attarde pas au dossier Patrik Laine parce que le coût sera trop élevé. Il préfère regarder dans une autre direction. Comme il le fait depuis son arrivée au Centre Bell, il laisse les gens spéculer sur ses intentions, mais chaque année, il a été un décideur très actif. Il est clair qu’il pourrait faire une offre hostile, comme l’an dernier.

Aussi, il a sûrement analysé le marché des joueurs autonomes sans restriction. Et il pourrait avoir un intérêt pour des patineurs évoluant en Europe comme Jesse Puljujarvi, que les Oilers veulent ramener à Edmonton la saison prochaine.

Dans l’inconnu

Les directeurs généraux vont dévoiler leur stratégie au cours des prochains jours, alors qu’ils ont jusqu’à la semaine prochaine pour déposer des offres qualificatives.

Ils sont quatre chez le Canadien : Xavier Ouellet, Charles Hudon, Max Domi et Victor Mete.

Puis, il y a le repêchage des joueurs amateurs. Le repêchage n’est pas une science exacte, encore moins quand on choisit au 16e rang. Bergevin pourrait-il s’en départir s’il recevait une offre intéressante ?

Pourquoi pas ?

Et suivra le marché des joueurs autonomes. Donc, au cours des prochains jours, Bergevin sera sollicité par ses homologues et, de son côté, il poursuivra ses démarches dans l’espoir de colmater des brèches au sein de son organisation.

Mais le contexte est bien différent.

Il y a des directeurs généraux qui n’ont pas d’espace de manœuvre, et l’unique façon pour eux de s’en sortir est de trouver un homologue qui lui tendra la main... 

Ce sera l’occasion de concocter un coup fumant.

Une situation idéale, mais aussi une situation où le DG du Canadien jouera gros. 

BriseBois triomphe mérité 

On dit que Steve Yzerman a laissé un bel héritage à Julien BriseBois.

Oui et non.

Yzerman a relancé la concession du Lightning, qui végétait. Et la décision la plus importante prise par l’ex-capitaine des Red Wings de Detroit fut l’embauche de BriseBois, un avocat de profession, un homme d’affaires talentueux qui ne cadrait pas dans le monde de Bob Gainey.

BriseBois a rapidement fait sa marque avec l’embauche de Jon Cooper comme entraîneur-chef de l’équipe-école de la Ligue américaine. Il a fait l’acquisition de joueurs autonomes comme Tyler Johnson et Yanni Gourde. Il a changé la personnalité de l’équipe au cours de la dernière saison.

audace et flair

Quelques saisons après avoir débarqué à Tampa Bay, il a été un candidat au poste de directeur général du Tricolore, mais on lui a préféré Marc Bergevin.

Il est donc demeuré à Tampa, s’occupant des filiales de l’organisation tout en secondant le travail de Yzerman.  

Il a rapidement fait ses devoirs et aujourd’hui, on reconnaît son audace, son flair et sa façon de gérer les effectifs.  

Maintenant, il passe à une autre étape. Il y a toujours un gros prix à payer quand on gagne la coupe Stanley.

Mais BriseBois est rusé, il est brillant. Il trouvera un moyen pour permettre au Lightning de poursuivre sur sa lancée...