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Un nouveau préposé aux bénéficiaires déjà désillusionné

Il constate déjà des lacunes après seulement trois semaines de travail dans un centre d’hébergement

Préposé aux bénéficiaires
Photo Pierre-Paul Poulin Ce nouveau préposé aux bénéficiaires, qui désire rester anonyme, travaille dans un CHSLD de Lanaudière où le manque de personnel reste criant et l’empêche d’offrir des soins de qualité aux aînés qui y sont hébergés.

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Des résidents privés de bain, des repas servis froids et un grave manque de personnel ont vite fait déchanter un préposé aux bénéficiaires nouvellement formé après trois semaines au travail.

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« C’est bordélique, c’est vraiment fou [...] ça me fait mal au cœur », déplore le préposé aux bénéficiaires (PAB) d’un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) de Lanaudière, qui tait son identité par crainte de représailles.

Il fait partie de la nouvelle cohorte de quelque 7000 PAB entrés en poste il y a trois semaines, après une formation accélérée cet été pour venir en renfort.

Mais déjà, il déchante. Il croyait qu’il viendrait s’ajouter au personnel existant afin d’offrir un meilleur service aux aînés hébergés en CHSLD.

« Comme des animaux »

Cependant, le manque de main-d’œuvre reste criant. Il estime que les patients sont encore traités « comme des animaux ».

« Je me dis : “Avant qu’on arrive, comment faisaient-ils ?” Ça devait être épouvantable », s’étonne-t-il, alors que souvent, ils ne sont pas assez d’employés pour laver les résidents ou les faire manger avant que la nourriture ne refroidisse complètement.

« Pas de stabilité d’étages, tu ne vois jamais les mêmes patients, tu ne peux pas créer un lien avec [eux] », explique-t-il.

Puis, on lui a aussi dit de ne pas s’attendre à avoir des pauses ou même une heure de repas pendant son quart de travail. 

« On me répond que ce n’est pas grave, car elles me seront payées en temps double », poursuit-il.

Tout ça, alors que son établissement n’a aucun cas de COVID-19 pour l’instant et que le Québec est plongé dans une deuxième vague.

Il se sent coincé

« Quand j’ai signé le contrat pour un an, ce n’était pas écrit que je n’aurais pas de pauses, que je ne pourrais pas laver les patients parce qu’on n’est pas assez nombreux et que d’autres mangeraient froid », déplore-t-il, se sentant coincé. 

Car s’il démissionne maintenant, il devra rembourser sa formation.

À la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), on remarque une pareille grogne chez la nouvelle cohorte de préposés aux bénéficiaires formés en trois mois.

Celle-ci trouve surtout écho dans le salaire versé aux nouveaux travailleurs, qui estiment que le gouvernement ne remplit pas sa promesse.

Le syndicat ne rapporte aucune démission cependant.