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Comment conserver les habitudes d’épargne acquises pendant la crise?

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Avec la pandémie, certains ont eu l’impression d’avoir économisé davantage. Ce n’est pas une illusion et les statistiques démontrent d’ailleurs ce phénomène. Maintenant que l’on est sur une bonne lancée, comment conserver nos bonnes habitudes ?

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La pandémie n’aura pas eu que de mauvais côtés. Ceux qui ont eu la chance de conserver leur emploi ont même constaté que leur compte en banque était mieux garni que d’habitude. Cette réalité se reflète dans les dernières données économiques. Ainsi, alors que depuis plusieurs années on parvenait à peine à épargner 2 à 3 % de notre revenu disponible, au deuxième trimestre de 2020, on a atteint 28 % selon Statistique Canada.

Chassez le naturel...

Surprenant ? Pas tant que ça estime Martine Marleau, conseillère budgétaire à l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de l’Est de Montréal. « Avec la pandémie, surtout durant le confinement, on a moins dépensé en transport, en sorties, en restaurant, en voyages, etc. Certaines personnes ont également vu leurs revenus augmenter avec la Prestation canadienne d’urgence (PCU). À cela on peut ajouter les reports de paiement, les baisses de taux d’intérêt et les réductions de primes d’assurance automobile », énumère-t-elle. 

Martine Marleau confirme d’ailleurs que plusieurs personnes dont elle suit le dossier lui ont indiqué que leur budget respirait mieux depuis quelques mois. Elle craint toutefois que ces bonnes nouvelles ne soient que temporaires. « À mon avis, c’est une situation artificielle générée par la conjoncture. Il n’y a pas eu de changement radical dans nos habitudes de consommation », déplore-t-elle. 

Repenser ses habitudes

Dans ces conditions, comment intégrer véritablement ces bonnes habitudes dans notre quotidien et continuer à épargner ? Pour économiser, il faut d’abord éviter de payer pour rien, en particulier pour les intérêts facturés mensuellement sur les soldes de cartes de crédit. « Utilisez-la uniquement comme un instrument de paiement. Payez votre solde complet chaque mois avant la date d’échéance, ainsi aucuns frais d’intérêt ne vous seront facturés », conseille Martine Marleau.

Ce petit calcul vous convaincra : admettons que vous ayez un solde de 1000 $ sur votre carte de crédit. Si vous la remboursez d’un coup, cela ne vous coûtera rien. Si vous effectuez des paiements mensuels de 100 $, il vous faudra 11 mois pour liquider cette dette et vous payerez près de 100 $ en intérêt. Vous ne remboursez que le minimum (2,5 %) ? Dans ce cas, comptez 13 ans et près de 1300 $ en intérêts.

Autre bon conseil : pratiquez l’épargne systématique. « Demandez à votre institution financière de faire un prélèvement automatique sur votre paye quand vous la recevez, et de déposer cette somme sur un compte à part », recommande Martine Marleau. Commencez par un petit montant, puis augmentez progressivement si vous voyez que vous êtes capable de tenir le rythme. 

Avec la fin des reports de paiement, mais aussi de la Prestation canadienne d’urgence, la conseillère suggère aussi de revoir son budget en fonction de ces nouvelles données. « Certains postes de dépenses vont augmenter alors que les revenus pourraient diminuer. On doit ajuster son budget en conséquence », dit-elle. Si possible, on conserve une marge de manœuvre, si petite soit-elle. Même 20 $ économisés sur chaque paye aideront à constituer un coussin d’urgence.

Enfin, Martine Marleau rappelle que dépenser revêt aussi une importante dimension psychologique. « Pour un changement en profondeur, il faut prendre conscience et réfléchir à nos habitudes de consommation. On doit trouver d’autres façons de se faire plaisir qu’en achetant des biens et des objets », souligne-t-elle.  

CONSEILS 

  • Épargner, c’est comme un régime amaigrissant ! S’il est trop strict, on se décourage rapidement et nos bonnes résolutions s’envolent au bout de quelques semaines. On a plus de chances de rester sur la bonne voie en mettant de côté des montants qui ne nous étranglent pas financièrement. 
  • Pour vous encourager, faites des projets et fixez-vous des objectifs. On peut économiser pour constituer un fonds d’urgence, mais aussi pour acheter une nouvelle voiture, faire un voyage ou acquérir une propriété.