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Descente aux enfers après la perte de son emploi

Travailleuse dans la restauration, Amélie fait face à de lourdes dettes de 26 000 $ et à un avenir incertain

Descente aux enfers après la perte de son emploi
Illustration Adobe Stock

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Jusqu’à récemment, Amélie travaillait à l’étranger dans le secteur de l’hôtellerie environ cinq mois par an. Le reste de l’année, elle revenait au Québec et œuvrait dans la restauration. Sa situation financière était déjà précaire, mais la pandémie l’a plongée dans une position intenable.

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En mars dernier, Amélie a dû quitter son poste dans un hôtel et rentrer précipitamment au pays. À son arrivée, aucun revenu potentiel n’était envisageable puisque le secteur de la restauration a été touché de plein fouet par la pandémie. Elle a donc demandé la PCU, ce qui lui a permis de toucher 2000 $ par mois, un revenu brut sur lequel elle devra toutefois payer des impôts.

Malgré la relance partielle des activités, la plupart des restaurants n’ont pas pu réembaucher le même nombre d’employés qu’auparavant, puisqu’ils devaient limiter le nombre de clients. De plus, l’arrivée de la deuxième vague crée beaucoup d’incertitude et amène son lot de fermetures. Pour Amélie, il ne semble pas y avoir d’issue et elle ne voit pas comment elle réussira à rembourser toutes ses dettes.

Lourdes dettes et peu de revenus

Au fil des ans, la jeune femme a accumulé un prêt personnel, des soldes sur ses cartes de crédit, ainsi que des factures en retard. Elle a aussi un prêt étudiant et un prêt de consolidation obtenu l’an dernier de son institution bancaire, dans une ultime tentative pour redresser sa situation financière. Au total, elle se retrouve aujourd’hui avec 26 000 $ de dettes et bien peu d’espoir de pouvoir s’en sortir. Pour évaluer ses options, elle est allée consulter une firme de syndic autorisé en insolvabilité.

« Son revenu mensuel ne lui permet pas de continuer ainsi. Elle ne parvient pas à payer ses factures, à effectuer ses paiements sur ses cartes de crédit et ses prêts. Elle doit absolument prendre une décision puisque les intérêts continuent à s’ajouter aux montants qu’elle doit déjà », explique Sophie Desautels, syndique autorisée en insolvabilité chez Raymond Chabot.

De plus, puisque sa banque lui a déjà accordé un prêt de consolidation, elle lui en a refusé un second, et ce, d’autant que son taux d’endettement a encore augmenté et que son dossier de crédit s’est détérioré.

Une offre aux créanciers

« Lors de la rencontre préliminaire, nous avons dressé la liste de ses dettes et des biens ayant une valeur marchande », indique Sophie Desautels. Amélie ne possède qu’une voiture usagée qui vaut 3500 $, et il est préférable qu’elle la conserve pour améliorer ses chances de trouver un emploi. Ensuite, la syndique l’a aidée à préparer un budget en fonction de ses revenus et lui a proposé des solutions.

« Dans son cas, Amélie aurait pu faire faillite, mais elle préférait faire une offre à ses créanciers et les rembourser le plus possible. Elle a donc retenu l’option de la proposition de consommateur : elle payera 225 $ par mois pendant 45 mois, pour un total de 10 125 $ », détaille Sophie Desautels.

En ce qui concerne son prêt étudiant, puisque cela fait moins de sept ans qu’elle a terminé ses études, cette dette n’est pas libérable et elle devra tenter de prendre une entente avec le ministère de l’Éducation. En revanche, les intérêts cessent de courir sur toutes ses autres dettes (prêt, prêt de consolidation, cartes de crédit, factures et loyer en retard, etc.), et au terme de ses paiements, elle sera libérée du total de ces montants.

En ces temps de COVID, l’avenir est encore incertain, c’est pourquoi la syndique recommande de préparer son budget selon différents scénarios, par exemple en évaluant que l’on ne recevra que 90, 80 ou 60 % de ses revenus habituels. « Il faut aussi tenir compte du fait que pour plusieurs, les dépenses vont augmenter avec la fin des reports de paiement consentis par les banques. Cela va fragiliser ceux dont les finances étaient déjà précaires », souligne-t-elle. 

SA SITUATION FINANCIÈRE

Actif 

  • Véhicule Mazda 2006 valeur de 3500 $  

Dettes 

  • Cartes de crédit 3500 $ 
  • Prêt personnel 7350 $ 
  • Prêt de consolidation 9275 $ 
  • Factures impayées (cellulaire et services) 1400 $ 
  • Loyer en retard 1200 $ 
  • Prêt étudiant 3250 $  

TOTAL DES DETTES 25 975 $

Revenus mensuels bruts 

  • PCU (avant impôt) 2000 $  

TOTAL DES REVENUS BRUTS 2000 $

Dépenses mensuelles 

  • Incluant loyer, téléphone, électricité, assurance, épicerie, soins personnels, permis et immatriculation 1430 $   

Amélie a refusé d’être photographiée pour conserver son anonymat touchant ses problèmes financiers.