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L’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec–Université Laval a besoin de tests de dépistage rapides et en quantité suffisante

L’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec–Université Laval a besoin de tests de dépistage rapides et en quantité suffisante
Photo d'archives, Didier Debusschère

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Monsieur le ministre Christian Dubé,

Nous voulons vous faire part de la situation inquiétante et préjudiciable que vivent les médecins, l’ensemble du personnel et les patients de l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec–Université Laval (IUCPQ-UL), un centre de référence et une gare terminale pour les cas complexes en cardiologie, pneumologie et chirurgie de l’obésité pour les patients du centre et de l’est du Québec.

L'IUCPQ-UL présente actuellement des éclosions de COVID-19 sur 4 étages et 3 autres secteurs de l'hôpital sont à risque, dont la clinique spécialisée de pneumologie et le bloc opératoire. Il devient difficile de garantir aux patients un accès adéquat aux procédures cardiaques et pulmonaires urgentes. Des dépistages de la COVID-19 sont en cours, mais les résultats accusent des délais inacceptables, faute de capacité d’analyse.

Cette crise étale au grand jour l’incapacité systémique amenée en 2017 par la centralisation OPTILAB. Nous avons maintes fois déploré cette perte d’autonomie pour un centre surspécialisé comme le nôtre. Aujourd’hui, nous dénonçons un mode de fonctionnement qui s’avère, dans le contexte de la pandémie actuelle, dangereusement inefficace. L’IUCPQ-UL a besoin de tests de dépistage rapides et en quantité suffisante. C’est littéralement une question vitale. 

La deuxième vague était prévisible. Au cours de l’été 2020, les médecins de l’IUCPQ-UL ont suggéré à l’administration de la Grappe OPTILAB de la Capitale-Nationale et des Îles-de-la-Madeleine de prendre les mesures nécessaires pour augmenter significativement l’accès aux tests COVID-19. Face à l’arrivée de cette nouvelle vague et des risques encourus, nous avons demandé l’achat de nouveaux équipements pour faire le dépistage en utilisant d’autres technologies et nous avons proposé des solutions temporaires pour recruter rapidement du personnel. Malgré notre insistance, la situation stagne. 

Avant leur cession en 2017 à la Grappe OPTILAB de la Capitale-Nationale et des Îles-de-la-Madeleine, les laboratoires de l’IUCPQ-UL répondaient non seulement de façon exemplaire aux besoins de sa clientèle, mais offraient aussi des analyses spécialisées relevant de ses missions à l’ensemble de la population du Québec. Leur rapidité à développer, à déployer et à offrir de nouvelles analyses, notamment en médecine personnalisée, était vue comme un exemple à imiter tant au Québec que dans le reste du Canada. Depuis l’entrée en vigueur d’OPTILAB, les médecins et les administrateurs de l’IUCPQ-UL sont privés de l’agilité et de l’autonomie décisionnelle requises pour combler les besoins spécifiques et évolutifs de leurs patients. Après trois ans de centralisation des décisions, ce fleuron encensé de la médecine de laboratoire subit aujourd’hui des allongements inacceptables des délais diagnostiques, de la prise en charge et du traitement d’une clientèle dont la survie dépend souvent de la rapidité d’analyse.

Depuis 2018, nous avons fait de nombreuses représentations auprès de votre ministère. Nous avons démontré les impacts négatifs de la centralisation à outrance d’OPTILAB et de son cadre trop lent et trop lourd, qui est incompatible avec l’agilité requise par un institut comme le nôtre pour répondre aux besoins de la population. 

Nous demandons votre intervention pour redonner à l’IUCPQ-UL tous les moyens nécessaires afin de rétablir la situation. Ceci ne sera possible que si nos laboratoires retrouvent leur pleine autonomie. Nous demeurons à votre disposition si vous désirez plus d’informations.

Veuillez agréer, monsieur le ministre, nos sentiments les plus sincères. 

La présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens, Marie-Hélène LeBlanc, cardiologue, FRCP, FACC

c.c.  

  • Denis Bouchard, président-directeur général de l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec–Université Laval  
  • Dr Daniel Lefrançois, directeur des services professionnels de l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec–Université Laval  
  • Laurent Després, président du conseil d’administration de l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec–Université Laval