/news/society
Navigation

Manifs contre le racisme systémique

Des citoyens de partout au Québec ont montré leur solidarité envers les proches de Joyce Echaquan

CANADA-indigenous-racism-LAW
Photo AFP Des milliers de manifestants ont pris les rues montréalaises d’assaut samedi.

Coup d'oeil sur cet article

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Québec et Montréal samedi au rythme des tambours pour dénoncer le racisme systémique et réclamer justice, à la suite du décès d’une Attikamek injuriée par le personnel qui devait la soigner à l’hôpital de Joliette.

• À lire aussi: Manifs contre le racisme systémique

• À lire aussi: Mort de Joyce Echaquan: une enquête du coroner réclamée

« Justice pour Joyce ! » « Le racisme est un virus ! » « Justice pour les autochtones ! » scandaient samedi les milliers de manifestants partout au Québec pour rendre hommage à Joyce Echaquan, cette mère de famille attikamek de 37 ans décédée lundi à l’hôpital de Joliette sous les injures racistes du personnel en service.

Pendant ce temps ils étaient des centaines à montrer leur soutien à Québec.
Photo Didier Debusschère
Pendant ce temps ils étaient des centaines à montrer leur soutien à Québec.

Michèle Audette, ex-commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, prenait part au mouvement à Québec. Pour elle, la mort de Joyce Echaquan risque d’alimenter une prise de conscience collective et politique.

« [Ce n’est pas] un cas isolé, quelque part dans le nord, loin de chez nous [...]. C’est proche, c’est du concret, c’est du réel », fait-elle valoir.

« Personne ne reste indifférent, personne. [...] Aujourd’hui, j’ai vu quelque chose d’encourageant. Je pense que ça va grandir », ajoute-t-elle.

Reconnaissance

Des citoyens montrent le parallèle avec le slogan Black Lives Matter, invitant à plus de respect envers les Autochtones.
Photo AFP
Des citoyens montrent le parallèle avec le slogan Black Lives Matter, invitant à plus de respect envers les Autochtones.

« Que le premier ministre reconnaisse qu’il y a bel et bien du racisme systémique » a pour sa part demandé Karen Pinette Fontaine, une étudiante de Québec originaire de la communauté de Maliotenam près de Sept-Îles, qui tenait aussi à participer à la marche à Québec. 

Un an après le rapport de la commission Viens, qui a émis plusieurs recommandations sur des mesures pour prévenir et faire cesser les violences et les pratiques discriminatoires à l’endroit des peuples autochtones, ils peinent à croire que rien n’a avancé.

« Des recommandations ont été faites, une enquête a été faite. La nation attikamek a ciblé l’hôpital de Joliette, et aucun changement n’a été fait ! » s’est indignée Viviane Michel, présidente de l’association Femmes autochtones du Québec. 

Enquête publique

Une manifestante à Québec avec le drapeau des Warriors mohawks.
Photo Didier Debusschère
Une manifestante à Québec avec le drapeau des Warriors mohawks.

Une partie de leur cri du cœur semble avoir été entendue puisque durant la manifestation, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé sur Twitter la tenue d’une enquête publique afin d’éclaircir les circonstances entourant le décès de Mme Echaquan. 

Des rassemblements étaient aussi prévus à Rimouski et à Saint-Jean-Port-Joli, dans le Bas-Saint-Laurent.


Si les règles de la Santé publique ont bien été respectées dans l’ensemble, la police de Montréal a tout de même émis cinq constats d’infraction à des manifestants qui refusaient de porter le masque.