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Décès de Joyce Echaquan: hommages et indignation à Québec

«Justice pour Joyce», ont clamé 300 manifestants en haute-ville

Décès de Joyce Echaquan: hommages et indignation à Québec
Photo Dominique Lelièvre

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Quelque 300 personnes ont marché à Québec pour apporter leur soutien à la famille de Joyce Echaquan, cette femme attikamek injuriée sur son lit de mort à l’hôpital de Joliette, et pour revendiquer une société plus juste pour les peuples autochtones.

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Décès de Joyce Echaquan: hommages et indignation à Québec
Photo Dominique Lelièvre

Dans ce qui était qualifié de «marche de guérison», les manifestants ont marché pacifiquement de l’Assemblée nationale jusqu’aux Plaines d’Abraham pour dénoncer les traitements subis par Mme Echaquan, 37 ans, y voyant la preuve que la discrimination envers les Premières Nations est encore bien réelle, notamment dans la prestation des services publics.

«Que le premier ministre reconnaisse qu’il y a bel et bien du racisme systémique» a demandé Karen Pinette Fontaine, une étudiante de Québec originaire de la communauté de Maliotenam près de Sept-Îles, faisant écho à une revendication formulée par plusieurs autres manifestants.

«On n’est pas traités d’une manière humaine», a estimé la jeune femme en se disant remplie de «tristesse» et de «colère» par les derniers moments de la défunte mère de sept enfants.

Décès de Joyce Echaquan: hommages et indignation à Québec
Photo Dominique Lelièvre

«On devrait être mieux traités»

Cette dernière s’était rendue à l’hôpital pour des douleurs à l’estomac. Dans une vidéo troublante qu’elle a mise en ligne avant de décéder, des propos dégradants et à caractère raciste sont entendus en présence d’une infirmière et d’une préposée, qui ont été démises de leurs fonctions depuis.

«Il me semble que l’on est chez nous et que l’on devrait être mieux traités [...]. Ce qui me fait de la peine là-dedans, c’est vraiment les enfants qui n’ont plus de maman et le monsieur qui a perdu sa femme. C’est triste», a dénoncé l’artiste innue-wendat Geneviève McKenzie-Sioui.

«On vit au Québec en 2020, il ne devrait pas y avoir de racisme autochtone» s’est exclamée une autre citoyenne, Julie Mainville.

Pour Michèle Audette, ex-commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui a pris part au mouvement de solidarité, la mort Joyce Echaquan risque d’alimenter une prise de conscience collective et politique.

«[Ce n’est pas] un cas isolé, quelque part dans le nord, loin de chez nous [...]. C’est proche, c’est du concret, c’est du réel», fait-elle valoir.

«Personne ne reste indifférent, personne. [...] Aujourd’hui, j’ai vu quelque chose d’encourageant. Je pense que ça va grandir», ajoute-t-elle.

Policiers discrets

Les policiers, discrets, ont obtenu une bonne collaboration des organisateurs, et n’ont pas eu à intervenir pour faire respecter les règles sanitaires. Le couvre-visage était porté par l’ensemble des personnes présentes et chacun se tenait à une distance raisonnable, a pu constater Le Journal. Aucun constat d’infraction n’a été remis.

Au Québec, une importante manifestation contre le racisme systémique a lieu au même moment à la place Émilie-Gamelin de Montréal et des rassemblements de moins grande envergure, sur le même thème, sont prévus entre autres à Rimouski et à Saint-Jean-Port-Joli, dans le Bas-Saint-Laurent.

Ce mouvement à la mémoire de Joyce Echaquan survient au lendemain d’une sortie publique de sa famille, où, par la voix de son avocat, elle a fait part de son intention d’utiliser tous les leviers juridiques possibles pour obtenir justice et réparation, en plus de demander la reconnaissance au Québec de l’existence d’un racisme «systémique» à l’encontre des Premières Nations.

C’est aussi une fin de semaine importante et chargée en émotions pour la famille de la défunte, à quelques jours des funérailles de Mme Echaquan, et alors que sa dépouille est exposée, samedi, au salon funéraire F. Thériault, à Saint-Félix-de-Valois, dans la région de Lanaudière.