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Un «tsunami de faillites» déferlera sur le Québec

Éric Lebel de Raymond Chabot
Photo Ben Pelosse Éric Lebel, syndic chez Raymond Chabot

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Les consommateurs doivent-ils craindre la deuxième vague de la COVID-19? Quels secteurs pourraient ne pas se relever du reconfinement? L’associé et conseiller en redressement financier et syndic autorisé en insolvabilité chez Raymond Chabot, Éric Lebel, fait le point.

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Doit-on s’attendre, prochainement, à une explosion du nombre de faillites ou de propositions de particuliers?

Les gens ont présentement un sentiment de sécurité. Ils ont constaté que les gouvernements ont pris soin d’eux. Ils ont mis en place des mesures extraordinaires dans une situation exceptionnelle. C’est certain qu’il va y avoir un tsunami de faillites un jour. On ne peut toutefois pas dire le moment exact. 


Comment expliquez-vous la chute d’environ 50 % du nombre de dossiers d’insolvabilité au Québec depuis avril?

Les gouvernements, les institutions financières et les villes ont sorti les respirateurs artificiels. Il y a eu la Prestation canadienne d'urgence, la Subvention salariale de 75 %, l’Aide d’urgence pour le loyer commercial, le Compte d’urgence pour les entreprises (40 000 $), le report de taxes et d’impôts. Du côté des banques, elles ont permis aux gens le report de certains paiements. Elles ont également réduit les taux d’intérêt sur les cartes de crédit. Elles ont aussi diminué leurs mesures de recouvrement.


Craignez-vous les impacts de la deuxième vague?

Ce que nous ne savons pas, c’est sa force et ce que les gouvernements vont mettre en place pour aider les gens et les entreprises. Est-ce qu’ils vont maintenir l’ensemble des programmes? Est-ce qu’il va y avoir un report de taxes dans des villes? Est-ce que les banques vont offrir des respirateurs artificiels? Personne ne peut prédire les prochaines semaines.


Quelles sont les industries qui vont le plus souffrir du reconfinement?

Ça va faire mal aux restaurants et aux bars. Ils ferment une deuxième fois en moins d’un an. Il va y avoir beaucoup de personnes qui vont retourner à la maison et les commerces vont vendre moins durant cette période. Ces entreprises ont pu se reprendre durant l’été, mais là, ça va être difficile.​ Oui, il va y avoir des faillites.


En période de crise, quelles sont les priorités pour les particuliers?

La première chose à faire est de faire un budget avec beaucoup de rigueur. Il faut couper dans les dépenses et faire les choses différemment. Pourquoi ? C’est le temps de bâtir un coussin financier de trois mois, pour ceux qui en sont capables. Ce n’est pas le temps de faire des folies et il faut avoir de l’épargne pour les imprévus.