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Reconfinement des sports d'équipe: des enfants ont l’impression d’être punis

Reconfinement des sports d'équipe: des enfants ont l’impression d’être punis
Photo Didier Debusschere

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Des parents craignent que leurs enfants fassent encore les frais de la pandémie si un reconfinement des sports d’équipe est confirmé aujourd’hui dans les régions en zone rouge comme Québec, dont le bilan quotidien a franchi une fois de plus un nouveau sommet.

• À lire aussi: COVID-19: hausse de 50% des infections en une semaine, les décès doublent

Dans le stationnement du complexe Les 3 Glaces sur le boulevard Pierre-Bertrand, dans Vanier, Mélissa Roy et Yvan Blanchette devaient regarder, hier, le match de hockey de leur enfant à partir d’un ordinateur dans le coffre de leur véhicule.
Photo Didier Debusschere
Dans le stationnement du complexe Les 3 Glaces sur le boulevard Pierre-Bertrand, dans Vanier, Mélissa Roy et Yvan Blanchette devaient regarder, hier, le match de hockey de leur enfant à partir d’un ordinateur dans le coffre de leur véhicule.

Dans les arénas de Québec, hier, des parents et des jeunes joueurs de hockey se disaient déjà au revoir pour quelque temps, même si leur saison ne fait que commencer. 

  • Écoutez la chronique de Jean-Charles Lajoie avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

C’est que vendredi, on apprenait que le gouvernement Legault, devant une situation sanitaire qui se dégrade, veut suspendre pendant un mois les parties de sports collectifs dans les zones rouges.

Le gouvernement a de surcroît convié les médias à 13 h, aujourd’hui, pour une annonce «concernant le renforcement des mesures sanitaires en zone rouge pour les réseaux de l’éducation, de l’enseignement supérieur et pour le milieu sportif».  

  • Écoutez les détails de cette annonce avec Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec pour Le Journal, sur QUB radio:    

Et l’alerte maximale n’est d’ailleurs pas près d’être levée dans la région, qui compte actuellement plus de 80 éclosions distinctes.

Des 1079 cas enregistrés au Québec, 193 proviennent de la Capitale-Nationale, qui a ainsi surpassé son propre record pour une troisième fois cette semaine.

D’ailleurs, la province a recensé 6558 cas dans les sept derniers jours, soit une augmentation de 50 % par rapport à la semaine précédente, et 53 personnes ont succombé à la COVID-19.

  • La Dre Marie-Claude Roy, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et membre du CA de l’Association des pédiatres du Québec, commente le dossier à QUB Radio:

La région de Chaudière-Appalaches compte pour sa part 51 nouvelles infections alors qu’une nouvelle éclosion s’est déclarée à la résidence Accès Santé Services Plus, à Thetford Mines.

«Catastrophe»

Avec les cas qui explosent, le sort des sports scolaires et civils dans les zones rouges est donc incertain.

« On en parlait dans la chambre. Ce qui nous fait le plus peur, c’est que notre sport-étude puisse fermer », dit Loïc, 12 ans, à la sortie d’un camp de sélection au Centre sportif Marc-Simoneau, à Beauport.

De son côté, Karine Talbot croit qu’une pause d’un mois de hockey pour son garçon serait une « catastrophe ».

Du côté du complexe Les 3 Glaces, à Vanier, des parents d’élèves-athlètes inscrits au programme de sport-étude hockey de l’Académie Saint-Louis espéraient que ces derniers puissent à tout le moins continuer de s’entraîner, comme ils évoluent en groupes-classes.

«Il faut aussi penser à la santé mentale de nos ados», s’alarme Sophie Rousseau.

L’impression d’être puni

«Les petits gars, ici, ils prennent leur masque jusqu’au banc et le reprennent quand ils retournent jusqu’à ce qu’ils partent l’eau dans la douche. Je veux dire, ils respectent toutes les consignes sanitaires» ajoute Mme Rousseau, estimant que l’encadrement actuel du sport est sécuritaire.

Même son de cloche du côté de Joseph Paglia, à Montréal, qui est déçu que ses enfants écopent même s’ils «respectent toutes les mesures sanitaires».

«Mes enfants ont l’impression d’être punis, ils se sentent ciblés et ne comprennent pas pourquoi ce sont eux qui doivent arrêter de jouer», déplore le père de Luca, 11 ans, et Alessandra, 9 ans, qui jouent au hockey et au soccer plusieurs fois par semaine. 

Selon les informations obtenues par notre Bureau parlementaire vendredi, tous les matchs de sports collectifs seront interdits. Le gouvernement cherchait tout de même un moyen de permettre au sport étudiant de poursuivre ses entraînements. 

Les activités de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) seraient aussi touchées par l’annonce. Dans les écoles en zone rouge, tout indique que les élèves ne devraient plus pouvoir sortir de leur bulle-classe, et le port du masque en classe est aussi envisagé.

— Avec la collaboration d’Anne-Sophie Poiré et Clara Loiseau