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COVID-19: le traitement antiviral lopinavir-ritonavir n'est pas efficace

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L'association des médicaments antiviraux lopinavir et ritonavir, utilisée contre le virus du sida, n'est pas efficace chez les patients hospitalisés pour la COVID-19, ont conclu les responsables du vaste essai clinique britannique Recovery. 

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Cette conclusion n'est pas nouvelle, puisque ces chercheurs l'avaient publiquement annoncée le 29 juin. Mais ils en publient cette fois les résultats détaillés dans la revue médicale The Lancet.

«Le traitement de la COVID-19 avec la combinaison lopinavir-ritonavir a été recommandé dans de nombreux pays. Cependant, les résultats de notre essai montrent que ce n'est pas un traitement efficace pour les patients admis à l'hôpital avec la COVID-19», a commenté l'un des responsables de Recovery, le Pr Martin Landray (Université d'Oxford), cité dans un communiqué de The Lancet.

Pour statuer sur l'association lopinavir-ritonavir (commercialisée sous le nom de Kaletra), les chercheurs britanniques l'ont administrée à 1616 patients et ont l'comparée avec 3424 autres, sur la période allant du 19 mars au 29 juin.

Résultat: il n'y avait pas de différence significative sur la mortalité au bout de 28 jours (23% des patients qui recevaient le traitement contre 22% de ceux qui ne le recevaient pas).

L'association lopinavir-ritonavir ne permet pas non plus de réduire les risques d'être placé sous ventilation artificielle, ni de raccourcir la durée d'hospitalisation.

Début juillet, juste après les annonces de Recovery sur l'inefficacité de ce traitement, les responsables de l'essai clinique européen Solidarity (supervisé par l'OMS) et de son partenaire français Discovery l'avaient à leur tour abandonné.

L'essai Recovery, qui comprend 13 000 patients de 176 hôpitaux britanniques, a permis d'améliorer considérablement les connaissances sur les traitements contre la COVID.

Il a d'abord montré, début juin, que l'hydroxychloroquine n'avait pas d'effet bénéfique. Ensuite, mi-juin, il a mis en évidence le fait que la dexaméthasone (un corticoïde) réduisait la mortalité chez les malades gravement atteints. Ce traitement est l'un de ceux qui ont été administrés au président américain, Donald Trump, ces derniers jours.

Bien que des dizaines de traitements contre la COVID-19 soient évalués à travers le monde, la dexaméthasone est, pour l'instant, le seul à avoir montré une efficacité en termes de réduction de la mortalité.

Un antiviral, le remdesivir (également administré à M. Trump) réduit légèrement la durée de rétablissement des malades de la COVID-19 hospitalisés, mais n'a pas prouvé de bénéfices en termes de réduction de la mortalité.

Recovery est en train d'évaluer plusieurs autres traitements: le cocktail expérimental d'anticorps de synthèse de la société Regeneron (lui aussi administré à M. Trump), le tocilizumab et le plasma prélevé sur des personnes ayant été touchées par la maladie.