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Explosion de l’usage du Taser par les policiers de Québec

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Dans les dix dernières années, le nombre d’interventions au cours desquelles des agents du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ont utilisé le pistolet Taser a littéralement explosé.

C’est du moins ce qu’on lit dans une réponse à une demande d’accès à l’information rendue publique sur le site internet du ministère québécois de la Sécurité publique. On y apprend d’abord que le nombre d’armes à impulsions électriques détenues par le SPVQ a sextuplé passant de 16 (en 2010) à 101 (en 2019). Durant ces mêmes années, le nombre d’interventions au cours desquelles cette arme électrique a été utilisée est passé de 8 à 195. 

Détail important, le gouvernement insiste pour dire qu’on comptabilise l’usage de l’arme que ce soit « en démonstration ou en utilisation réelle contre un individu ».

Une arme controversée

Depuis sa généralisation dans les services policiers un peu partout dans le monde, au milieu des années 2000, le Taser est une arme controversée. Certains pointent son risque létal, tandis que d’autres estiment que ce pistolet électrique évite aux forces de l’ordre de devoir recourir aux armes à feu. L’urgentologue à l’hôpital de l’Enfant-Jésus, Douglas Eramian, a participé à la rédaction d’un rapport sur le pistolet Taser il y a quelques années. Interrogé lundi par Le Journal, il a avancé que « l’ensemble de la littérature démontre que c’est une alternative intéressante qui est beaucoup moins mortelle que l’utilisation d’une arme à feu. Il [le Taser] permet de maîtriser une personne qui est en situation de crise, d’agressivité ou de dangerosité pour les policiers ». Le Dr Eramian n’est pas convaincu de « l’existence d’un lien direct entre le Taser et le décès. Souvent, les patients peuvent être médicamentés ou intoxiqués », juge-t-il.

Une « fausse solution » 

Raisonnement diamétralement opposé du côté de la Ligue des droits et libertés qui milite activement pour le retrait du Taser. « Le policier a deux bras, une bonbonne de poivre et une matraque. Il y a trois choses qu’il peut utiliser avant d’en venir à l’arme de poing. Le Taser est une fausse solution », assure le coordonnateur de la section de Québec, Maxim Fortin.

 L’usage exponentiel du Taser par le SPVQ le préoccupe fortement. « C’est clair qu’on s’élève contre ça. C’est une arme potentiellement mortelle qui est souvent utilisée dans des circonstances non nécessaires, comme des altercations banales, des refus d’obtempérer ou de la résistance civique », déplore-t-il. 

-Avec la collaboration de Marc-André Gagnon