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La nuit des longs couteaux

Coyotes c. Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Taylor Hall à Montréal ? Oublions cette possibilité.

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Le compte à rebours a été déclenché il y a... six mois, deux mois, on ne sait plus. La pandémie a fait en sorte qu’on n’a plus de points de référence et que, par conséquent, on se lance carrément dans l’inconnu.

Tout d’abord, quand s’ébranlera la prochaine saison de la LNH ?

Personne ne le sait.

Comment se dérouleront les négociations entre l’Association des joueurs et les propriétaires relativement aux conditions qu’on entend proposer si jamais on revoit à la baisse le nombre de matchs ?

Malgré tout, pandémie ou pas, il y a trois événements qui vont marquer la prochaine semaine. Trois événements qui risquent de changer le visage de plusieurs concessions.

  • Le repêchage des joueurs amateurs.
  • La période des offres qualificatives qui, par la suite, ouvre les portes au marché des offres hostiles.
  • Le marché des joueurs autonomes sans restriction.

Et il y a la nuit les longs couteaux.

L’événement n’apparaît pas sur la liste de la Ligue nationale. La nuit des longs couteaux, c’est le moment de l’année où les directeurs généraux font du ménage. On veut frapper un coup de circuit... avec les buts remplis si possible. On veut réaliser un coup fumant avec une transaction impliquant plusieurs joueurs.

Rang de sélection

Également, on va chercher à améliorer son rang de sélection, mais cette année, en raison des exigences du plafond salarial, on proposera des offres pour le moins étonnantes. Et, puisque certaines équipes doivent liquider des effectifs pour se conformer à la limite de 81,5 millions de dollars, des vétérans connus, avec un passé tout de même intéressant, changeront possiblement d’adresse.

N’oublions pas que la meilleure façon de créer de l’espace de manœuvre dans la masse salariale, c’est l’acquisition de quelques choix de repêchage. Et comme l’an prochain, il y aura la séance de sélection du Kraken de Seattle et que le plafond salarial risque de demeurer le même pour deux autres années, ça complique le boulot de plusieurs décideurs.

La nuit des longs couteaux risque-t-elle de créer des surprises ?

On n’oubliera jamais la transaction entre les Nordiques de Québec et les Flyers de Philadelphie dans le désormais célèbre dossier Eric Lindros.

Dans la nuit précédant le repêchage, tout le monde croyait que Lindros se retrouverait avec les Rangers de New York.

Marcel Aubut, le rusé président des Nordiques, avait démontré ses talents de négociateur en poussant les Flyers à la limite. Une transaction qui a marqué l’histoire des deux formations.

Aubaine

Marc Bergevin, comme on l’a précisé au cours des dernières semaines, a plusieurs options. La bonne aubaine apparaît très souvent dans le cadre d’une discussion dans les derniers moments avant le repêchage. 

N’a-t-il pas affirmé que si on lui propose une offre intéressante, il considérera la possibilité d’échanger le choix numéro 16 ?

  Mais pour l’instant, il a identifié des joueurs qui apporteraient plus de lustre à son équipe, un attaquant pouvant se tailler un poste parmi le top 6.  

Aussi, il peut décider de garder Max Domi. Une option qu’il n’a pas encore exercée parce qu’il veut s’accorder encore plus de temps pour faire du lèche-vitrine tout en gardant à l’œil les quelques patineurs qui ont invité au cours des dernières semaines et possiblement des derniers mois les décideurs du Canadien à effectuer une évaluation en profondeur. 

Des joueurs comme Tyler Toffoli, Alex Killorn et Greg Smith sont des candidats intéressants. Oublions Taylor Hall, à moins qu’il ne trouve pas preneur et qu’il se voie obligé d’accepter un rabais important à toute formation démontrant alors un intérêt.

Il y a également pour Marc Bergevin l’option de faire une offre hostile, une expérience qu’il a tentée sans succès l’été dernier. Cette saison, en raison des circonstances, les candidats sont nombreux.

Le temps presse

Est-ce une semaine de vérité pour le directeur général du Canadien ?

Sans doute.

Il faudra bien qu’un jour il montre des résultats qui auront de quoi satisfaire les propriétaires de l’organisation.

Jusqu’ici, on n’a pas eu trop l’occasion de célébrer.

Il faut toujours garder en perspective qu’avant l’arrêt des activités, le 12 mars dernier, on se préparait déjà pour la prochaine saison. Que le Canadien s’apprêtait à rater les séries éliminatoires pour la troisième année de suite et la quatrième fois en cinq ans.

Certes, les semaines passées dans la bulle à Toronto, alors que le Canadien a fait belle figure face aux Penguins de Pittsburgh et aux Flyers de Philadelphie derrière le travail des vétérans et de Jesperi Kotkaniemi et de Nick Suzuki, ont redonné espoir.

Mais le temps presse s’il veut profiter au maximum des ressources de Carey Price et de Shea Weber.

Qu’il profite de la vulnérabilité de certains de ses homologues confrontés à d’importantes décisions sur le plan des effectifs. C’est pour cette raison qu’on surnomme cette période menant à l’encan des joueurs amateurs la nuit des longs couteaux.