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Comment s’y prendre pour payer le minimum d’impôt à la retraite?

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L’impôt à la retraite, c’est comme le beurre de peanuts sur les toasts : il passe mieux quand il est étalé.

En théorie, ce principe s’applique à tout le monde, mais seuls les retraités (et les entrepreneurs) disposent des leviers pour uniformiser leurs revenus et le poids de l’impôt dans le temps. 

Qu’est-ce que ça veut dire, rapidement ?   

  1. Qu’on ne pige pas n’importe comment dans ses comptes enregistrés (REER, FERR et CELI).  
  2. Que ce n’est pas une bonne idée de financer une grosse dépense, comme des rénovations ou l’achat d’une auto, à l’aide d’une ponction importante du REER ou du FERR.  
  3. Qu’il faut se méfier de ces années où on ne paie presque pas d’impôt. C’est à proscrire si, en même temps, on a de l’argent qui dort dans un REER ou un FERR. Ça peut déboucher sur une facture plus lourde qui viendra plus tard.     

L’impôt progressif, encore lui !

C’est la table d’impôt progressif qui nous amène à faire preuve d’un minimum de planification. 

Les premières tranches de revenus sont faiblement imposées, les revenus supérieurs sont frappés plus durement par la fiscalité.

Entre 15 000 $ et 44 500 $ de revenu, l’impôt vient chercher 27,53 %. On pourrait parler ici de la « zone privilégiée ». Entre 44 500 $ et 48 500 $, il monte à 32,53 %. Au-delà de 48 500 $ de revenu, le taux d’imposition grimpe à 37,12 %, soit 10 % supérieur au taux appliqué 4000 $ plus bas ! 

Autant que possible, il faut éviter d’aller empiéter sur les territoires où les impôts sont les plus élevés.

Devancer des sorties de fonds

Comment fait-on ? En occupant le plus d’espace possible de la « zone privilégiée » chaque année, où l’impôt est plus léger. 

« Il faut s’accoter sur la limite de 44 500 $ », dit Benoit Chaurette, planificateur financier et fiscaliste chez Banque Nationale Gestion Privée 1859. 

« La recommandation générale est de retarder le plus tard possible le retrait des régimes enregistrés comme le REER/FERR afin de reporter le paiement de l’impôt. 

Quand on anticipe que les retraits futurs du REER/FERR seront faits à un taux d’imposition supérieur au taux d’imposition actuel, il peut être intéressant de devancer quelque peu les retraits pour profiter d’un plus faible taux d’imposition », explique-t-il.

Il concède que cette stratégie, comme n’importe quelle méthode de décaissement, ne transforme pas radicalement le niveau de vie à la retraite. Cette optimisation fiscale de base permet d’augmenter le revenu disponible. De combien ? Plus les sommes impliquées sont grandes, plus l’impôt épargné est important.

Dans tous les cas, ça ne nécessite pas de grands efforts. 

Juste de la planification. 

Quelques infos sur le fractionnement du revenu   

► Les couples de retraités peuvent recourir au « fractionnement du revenu ». Le même principe est à l’œuvre ici : plutôt que d’uniformiser les revenus et les impôts dans le temps, on le fait entre deux personnes.

► Si un des conjoints déclare des revenus bien en deçà de 44 500 $ et que l’autre dépasse allègrement la barre des 48 000 $, ce dernier a tout intérêt à attribuer une part de ses revenus à sa douce moitié afin de réduire la facture fiscale du ménage.

► Encore ici, on voudrait bien le recommander à tout le monde, mais seuls les retraités peuvent fractionner leurs revenus.