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Saguenay: un sondage indique un changement de comportement des consommateurs

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Les habitudes de la population de Saguenay ont beaucoup changé avec la pandémie, indique un sondage Segma Recherche réalisé pour le compte de Promotion Saguenay.

Présenté mercredi midi au Rendez-vous de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, le coup de sonde indique que 73% des répondants ont diminué leur fréquence de magasinage.

De plus, 89% ont réduit leurs visites dans les centres commerciaux avec mail intérieur. Et 82% affirment que l'expérience de magasinage s'est dégradée avec les mesures sanitaires.

«Le sondage a été déclenché par notre inquiétude, a affirmé le directeur général de Promotion Saguenay, Patrick Bérubé. Le secteur commercial a été le plus impacté pendant la pandémie.»

Le sondage étonne réellement sur le concept d'achat local. Il y a une confusion chez le client, car certains croient qu’un commerce qui a une adresse dans la région, c’est de l'achat local, même s’il ne provient pas du Saguenay–Lac-Saint-Jean. D’autres associent plutôt ce concept à un produit local vendu par un commerce.

En fait, 92% croient que c'est local si le propriétaire est de la région, 60% s'il s'agit d'une chaîne québécoise ou canadienne présente dans la région. Et 13% sont de cet avis si c'est une chaîne internationale, mais présente ici.

«Ils ont raison. C’est un commerce situé dans les limites de Saguenay. Mais est-ce que c'est la meilleure façon d'encourager l'achat local?» se demande Patrick Bérubé en faisant référence à des géants du commerce de détail comme Walmart.

Le sondage indique aussi que 27% des répondants croient à l'importance de l'achat local. 76% appliquent ce principe d'abord pour la création d'emplois et l'économie régionale. 50% ont l'intention de favoriser l'achat local au cours des six prochains mois.

Depuis le début de la crise, les répondants disent avoir fait 62% de leurs achats en magasin et 38% en ligne. L'achat en ligne a grimpé de 55%.

«La pandémie n’a pas créé de nouvelle situation, a souligné Patrick Bérubé. Elle a accéléré une situation. Le commerce en ligne prenait de plus en plus de place. Déjà, on sentait une diminution de la fréquentation dans les commerces avant la pandémie.»

Un commerce local comme Mode Choc a su toutefois tirer son épingle du jeu, malgré la fermeture de ses portes au printemps, grâce à son site transactionnel.

«On a eu une vague, mais de commandes, a confié la directrice innovation chez Mode Choc, Christel Roussy. C’est un beau problème. Ce qu'on pensait faire dans cinq ans, on le fait maintenant.»

Le professeur en marketing de l’UQAC Julien Bousquet estime que ce sont d’abord les personnes qui vont permettre aux commerçants de passer au travers. «Pour lutter face à ces géants électroniques, je pense que c'est l'humain qui peut faire la différence, a-t-il dit. Par exemple, dans la relation entre l’acheteur et le vendeur.»

Le prochain défi pour les commerçants sera celui de la période des Fêtes et de l'hiver. Les experts leur proposent de s'organiser pour accueillir les clients qui feront la file à l'extérieur et ils leur conseillent de faire du commerce en ligne, surtout si une autre fermeture était décrétée.