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Solon, des liens qui font du bien

Solon, des liens qui font du bien
Photo courtoisie, Audrey McMahon

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Lorsque nos vies sont chamboulées par des événements extérieurs comme la COVID-19, on peut avoir tendance à se replier sur soi. C’est d’autant plus vrai quand la Santé publique nous ordonne de garder nos distances physiques.

Ce sont pourtant les liens sociaux qui tissent le grand filet de sécurité sur lequel on rebondit quand ça va mal. C’est pendant les crises qu’on a le plus besoin les uns des autres. Notamment de nos voisins!

Être présent par des petits gestes de partage et d’entraide peut faire toute la différence dans le quotidien de certaines personnes. La bienveillance entre voisins peut sauver des vies, me disait une amie travailleuse sociale. Chose certaine, en tout temps, elle fait du bien.

Solon

Dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal, un projet de voisinage a pris des proportions insoupçonnées. Une diversité d’initiatives en sont nées, contribuant à tisser des liens entre citoyen.ne.s tout en protégeant l’environnement.

Tout a commencé par des regards puis des paroles échangées entre voisins à propos de tout et de rien. Puis, les gens ont appris à se connaître et ont rêvé ensemble à une ruelle verte où leurs enfants pourraient jouer en sécurité et où tous pourraient fraterniser.

Comme le racontent Gabrielle van Durme et Bertrand Fouss: «Nous avons collectivement nettoyé et verdi la ruelle, nous l’avons aménagée et nous avons fait de la place pour de l’art de rue. Nous avons fait des fêtes, des concerts, des films, des contes pour les enfants, nous avons même invité à discuter des candidats aux élections. Nous avons partagé une piscine en été, une patinoire en hiver, le miel de notre ruche, le vin de nos vignes et les fruits de nos arbres. Nous avons alors compris qu’une nouvelle vision de la ruelle était en train d’émerger. Une vision collective et mobilisatrice, portée par ses habitant.e.s. Plusieurs d’entre nous ont voulu apporter une contribution particulière à cette émergence en construisant des projets un peu plus complexes, liés à la mobilité et à l’énergie. Ce fut la naissance de Solon

LocoMotion

Parmi les projets innovants initiés par Solon, il y a LocoMotion un programme de partage de véhicules entre voisins ainsi que de prêts de vélo-cargos, remorques à vélo et vélos électriques mis en commun. Les réservations se font en ligne et des cadenas électroniques facilitent les échanges de clés. Deux quartiers montréalais (Ahuntsic et La Petite-Patrie) et plus de 500 participants expérimentent cette solution collective.

Solon est même parvenu à faire bouger de grandes institutions. Il a su amener Desjardins à adapter ses assurances au partage de voitures entre voisins. L’entente a été prise avec l’organisme, qui souscrit à l’assurance pour les besoins des participants. Les frais sont inclus dans le système de tarification établi par Solon, qui propose des blocs de location en fonction des disponibilités des voitures de leurs propriétaires. Ces derniers sont rémunérés de manière à compenser les frais d’utilisation et d’usure des véhicules.

Dans le cadre du nouveau programme de la Ville «Montréal en commun», Solon va travailler à transformer progressivement LocoMotion en une véritable plateforme de proximité. «Plus que des véhicules et des outils de déplacement, on s’y échangera des objets, des espaces, du temps et même de la convivialité», m’explique Bertrand Fouss, cofondateur de Solon.

Solon, des liens qui font du bien
Photo courtoisie, Audrey McMahon

Celsius

Un autre beau projet porté par l’organisme s’appelle Celsius. Il s’agit de systèmes de géothermie collective mis en place dans des ruelles de Rosemont. Réalisée avec le soutien de l’arrondissement et de la Coop Carbone, cette infrastructure d’énergie renouvelable locale permettra aux résidents de réduire leur consommation énergétique et leur dépendance aux énergies fossiles pour le chauffage de leur maison. Ils se donneront aussi accès à une climatisation dénuée des effets néfastes habituels que sont le bruit et la production de chaleur à l’extérieur. Le plan d’affaires est réalisé. La coopérative citoyenne qui hébergera l’infrastructure est opérationnelle et planifie de creuser les premiers trous dans les toutes prochaines semaines!

Solon, des liens qui font du bien
Photo courtoisie, Audrey McMahon

Toujours plus de projets!

D’autres initiatives de transition écologique ont incubé au sein de Solon. C’est le cas de co-po, un projet de conserves soutenu par la communauté qui permet de manger santé, bio, local et zéro déchet toute l’année. Les fruits et les légumes proviennent de partenaires agricoles bios et locaux, desquels co-po récupère les surplus ainsi que les «moches». Solon participe aussi au projet de développement d’une monnaie locale complémentaire: l’îlot. Cette unité de valeur facilite les échanges de produits et services entre les gens et avec des entreprises locales, sans passer par l’argent.

Sur cette base, et pour aller plus loin et plus fort, Solon vient de lancer, avec la Ville de Montréal, un premier laboratoire de transition socioécologique. Dans un territoire précis, et pendant trois ans, Solon va soutenir la création d’une communauté de transition porteuse d’un récit axé sur les solutions. Le 10 septembre dernier, cette communauté a notamment organisé la Foire des possibles, qui a permis aux citoyen.ne.s de découvrir une panoplie d’initiatives de la transition auxquels se rallier pour construire une société plus conviviale et plus écologique.

Ce ne sont donc pas les idées qui manquent parmi les citoyen.ne.s qui s’impliquent à Solon. Je ne vous en ai présenté ici qu’un échantillon! La force de ce mouvement est de faire en sorte que les idées se concrétisent. Rêver de quartiers plus solidaires et plus écologiques est une chose, passer concrètement à l’action pour les transformer en est une autre. Pour cela, il faut se mettre ensemble. Oser se parler d’abord, puis mettre en commun nos idées, nos ressources, nos énergies pour passer à l’action.

Tout commence par une attention que l’on porte les uns aux autres et sur notre milieu de vie. Des liens se tissent. Un idéal est mis en commun en s’incarnant dans des gestes concrets qui se transforment en projets pour ultimement changer la vie de nos quartiers et de notre monde. Parce que les liens font du bien!