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Un policier de Laval complotiste

Le patrouilleur pourrait être destitué pour avoir notamment dit que la pandémie n’existe pas sur Facebook

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Un agent de la police de Laval, qui véhicule sans gêne sur les réseaux sociaux que la pandémie n’existe pas et que les masques sont inutiles, a été retiré de la patrouille jusqu’à ce qu’une enquête disciplinaire soit complétée.

« Je l’ai sorti de la route de façon urgente », assure Pierre Brochet, directeur du Service de police de Laval (SPL).

Depuis mardi soir, plusieurs citoyens ont dénoncé les déclarations de Maxime Ouimet, un patrouilleur de 12 ans d’expérience, après qu’il eut tenu des propos controversés sur les réseaux sociaux, accolés à une photo de lui en uniforme. 

Propos controversés concernant la COVID-19 qu'il a tenu sur Facebook.
Captures d’écran tirées des comptes Facebook Policier du peuple pour le peuple et Microbeau
Propos controversés concernant la COVID-19 qu'il a tenu sur Facebook.

« Je suis à 100 % sur le terrain depuis le début de la crise et il n’y a pas de pandémie. (Je ne dis pas que [la] COVID n’existe pas.) Les hôpitaux sont vides. [...] Les urgences ne sont pas débordées », peut-on lire dans une de ses publications sur Facebook.

« Mettre des masques, [on] le fait juste devant témoins et public pour respecter la loi, pour donner l’exemple. On s’en [fout] ben raide entre nous », poursuit-il.  

  • Écoutez la revue de l'actualité de Pierre Nantel et Maude Boutet sur QUB radio:   

Maxime Ouimet, policier depuis une douzaine d’années au Service de police de Laval.
Photo tirée de Facebook
Maxime Ouimet, policier depuis une douzaine d’années au Service de police de Laval.

Celui qui se décrit comme une « relation publique diplomatique entre le peuple et la police » explique qu’il refuse de remettre des constats concernant les mesures sanitaires sous prétexte qu’il s’agit de « magouilles » visant à « contrôler et faire peur au peuple ». 

Contraire au code d’éthique

Or, ces déclarations ne reflètent pas « du tout » l’état d’esprit des policiers et sont contraires au code d’éthique, dénonce le SPL, qui s’est aussitôt dissocié des propos de son employé sur Facebook, mercredi matin.

Le communiqué a cependant été retiré après quelques heures en raison de nombreux commentaires négatifs, allant même jusqu’aux menaces à l’égard du corps de police. 

  • Écoutez le commentaire de Gilles Proulx sur QUB radio:

Ouimet a rapidement été affecté à des tâches administratives, le temps d’une enquête interne, ajoute M. Brochet.

L’enquête disciplinaire pourrait mener jusqu’à une destitution.

« Avec son état d’esprit, je ne pense pas que ce policier-là puisse patrouiller et émettre des constats d’infraction », dit-il.

D’autant plus que ces récentes déclarations semblent incohérentes avec la demande de congé sans solde effectuée par Ouimet il y a quelques semaines, parce qu’il craignait de donner le virus à sa famille, selon nos sources.

« Moi, j’ai le droit de ne pas y croire à cette fameuse pandémie-là, mais par contre [...] vous dites que c’est dangereux. Je vis avec des personnes âgées. Si c’est tant dangereux, je demande un sans solde pour protéger deux personnes âgées », s’est-il défendu à TVA Nouvelles. 

Rallier les complotistes

« Il y a des gens qui meurent, d’autres qui ont des séquelles graves. C’est inquiétant parce que [Maxime Ouimet] a un statut [qui lui apporte] une certaine crédibilité, et il va rallier des complotistes », soupire quant à lui le directeur du SPL.

Si plusieurs internautes ont étonnamment montré leur appui à l’agent de police, d’autres ont plutôt fait valoir leur désaccord, en corrigeant ses publications ou en l’invitant à venir constater par lui-même l’ampleur de la crise sur le terrain. 

« Je t’invite à lâcher ton emploi et venir aider à nettoyer les patients avec [la] COVID-19 [...]. Ça va te donner une autre perspective », écrit un internaute.

Collègues déçus

Certains de ses collègues ont aussi fait part de leur désaccord au Journal.

« J’ai pour ma part rencontré une vingtaine de policiers ce matin [mercredi], et ils ne sont pas fiers de [ses] sorties, affirme M. Brochet. Mes policiers et policières sont très fier(e)s de faire ce qu’ils font, de s’engager à combattre la pandémie. [Il] ne reflète pas du tout nos policiers. »

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a préféré ne pas commenter, afin de ne pas nuire à l’enquête en cours.  

Ce qu'ils ont dit   

« Il faut arrêter cette mascarade. Je laisse ma carrière de 12 ans de policier, 100 000 $ par année, un fonds de pension, mes avantages sociaux, parce que je dis à M. [François] Legault : “Non, ça suffit. Je ne suis pas l’outil de ta dictature”. »

– Maxime Ouimet, en entrevue à TVA Nouvelles

« Les policiers, depuis les six derniers mois, travaillent très fort pour contrer la pandémie. On a émis plus de 500 constats d’infraction [...]. C’est un cas isolé [Maxime Ouimet], qui fait des déclarations, mais qui ne parle pas du tout au nom des policiers lavallois. »

– Pierre Brochet, directeur du Service de police de Laval