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Un rendez-vous spécial à Anticosti

Chronique Cabana 0710
Photo courtoisie, René Bourque Pour Antoine Lefrançois, ce mâle chevreuil de huit pointes représente la réalisation du rêve qu’il faisait en imaginant son excursion de chasse au pays de Menier.

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PAVILLON MCDONALD | Depuis plus de 40 ans, j’ai la chance de pouvoir chasser le chevreuil sur le territoire de l’île d’Anticosti. Ce petit paradis nous réserve souvent des surprises. Je l’ai compris lors de ma dernière excursion.

Notre séjour s’est déroulé à la mi-septembre, sur le territoire du Pavillon McDonald. Nous étions quatre, dont le neveu d’un des membres du groupe, un nouveau venu, Antoine Lefrançois. On pouvait lire dans ses yeux la magie d’Anticosti, surtout qu’il avait pu voir à Port-Menier ces immenses mâles qui se promènent allègrement. Il s’était fait tout un scénario dans sa tête. Il se voyait déjà dans ce face-à-face dont il rêvait.

Très honnêtement, la chasse était plus difficile cet automne. Le chevreuil était là, mais en moins grand nombre que d’habitude. Il faut dire que nous fréquentons ce territoire depuis trois ans. Il fallait donc être très attentif et marcher plusieurs kilomètres pour espérer débusquer la Bête, le trophée. C’est ce qu’a fait Antoine et il a réussi. Après quatre jours à arpenter la forêt, les plaines et tous les recoins du territoire, il a pu récolter un magnifique huit pointes, typiques des mâles d’Anticosti. Nous étions alors très fiers pour lui. Tout notre groupe de quatre a récolté ses chevreuils, mais pas nécessairement ce que nous attendions. Il faut aussi dire qu’il y avait beaucoup de champignons en forêt. 

Dans ces circonstances, le chevreuil sort moins à découvert, puisqu’il a de la nourriture à sa portée. D’ailleurs, lors de l’éviscération de plusieurs chevreuils, on pouvait constater la présence de nombreux morceaux de champignons.

UNE SURPRISE DE TAILLE

Le jour où Antoine a récolté son mâle, nous étions attablés, le soir, discutant de la journée, écoutant le récit de notre jeune compagnon. Il nous explique qu’il était déjà venu à Anticosti, très jeune, avec son père, mais qu’il n’avait pas compris vraiment la valeur de cette expérience. Cette fois, toutefois, il avait bien compris la richesse d’Anticosti.

Il nous parle alors de son oncle qui a déjà guidé dans l’île. Instinctivement, pour avoir connu beaucoup de guides, je lui demande le nom de son oncle. Je suis renversé lorsqu’il m’apprend que c’était Mario Roy.

Je l’ai bien connu à l’époque où il était un des guides vedettes, au même titre que les René Bourque, Guy Élément, Denis Pednault, Jean-Paul English. Excellent guide, artiste à ses heures, il ne laissait jamais les gens indifférents. Malheureusement, la vie a fait en sorte qu’il a quitté trop rapidement cette terre, laissant derrière lui cette île qu’il aimait tant. Pour ajouter à cette rencontre spéciale, Antoine nous raconte qu’il a fait sa chasse avec la carabine 243 de son oncle. Une série de souvenirs se déroulaient dans ma tête. Je revoyais Mario au travers de son neveu. Ce dernier a la même passion de la chasse, ses habiletés et plus. La vie venait de me donner un drôle de rendez-vous, auquel je ne m’attendais pas.

UNE QUESTION DE SECTEUR

L’île d’Anticosti est un immense territoire de 8000 kilomètres carrés. Le chevreuil n’a pas nécessairement le même comportement partout sur l’Île.

C’est à l’aéroport qu’on le réalise plus facilement, lorsque l’on discute avec les autres chasseurs. Alors que nous venions de vivre une année difficile après deux saisons excellentes, des chasseurs d’ailleurs nous expliquaient avoir vu beaucoup de chevreuils et de nombreux mâles. L’un d’entre eux, qui avait récolté ses deux mâles, nous a dit en avoir vu au moins une quinzaine.

C’est dans ces moments-là que l’on comprend tout le phénomène du comportement du chevreuil sur cet immense territoire. Il n’y a pas de formule magique qui garantit que le chevreuil sera là où on le veut, au moment où on le veut. Dans certains cas, il vient à nous alors que dans d’autres, il faut le chercher, le débusquer, de la même manière qu’on doit le faire sur le continent. Certains diront que c’est le résultat de la baisse de la population de chevreuils, mais honnêtement, avec ce que j’ai vu durant mon séjour, je crois plutôt que la population est en reconstruction et remonte rapidement. Il y a de nombreux faons et beaucoup de daguets, qui vont devenir des mâles adultes et assurer la relève. À voir le nombre élevé de jeunes, il y a certainement des mâles adultes qui ont fait leur travail.

PROFITEZ-EN

Avec l’annulation des séjours des chasseurs américains en raison de la COVID, de nombreux séjours se sont libérés, à des endroits qui normalement ne sont pas accessibles. Année après année, avec le succès qu’ils connaissent sur certains secteurs, ces chasseurs américains réservaient en sortant, ce qui empêchait les Québécois de pouvoir en profiter. Alors, cette saison, vous n’avez pas de raison de ne pas tenter votre chance.

Au moment d’écrire ces lignes, il y avait des séjours disponibles en novembre, considéré comme le meilleur mois pour la chasse sur l’île. Aussi, il y a de nombreuses promotions dont vous pouvez profiter.  

  • Si la chose vous intéresse, communiquez directement avec la Sépaq Anticosti au 418 535-0231. Des responsables sur place vous fourniront tous les détails sur les coûts et possibilités de séjour d’ici la fin de la saison.