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En mémoire de Jean Garon

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Photo d'archives, Daniel Mallard

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La Ville de Lévis doit remédier au fait que plus de six ans après le décès de Jean Garon, rien n’a encore été fait pour honorer la mémoire de celui qui fut député de Lévis pendant 22 ans, ministre pendant plus d’une décennie et maire de Lévis de 1998 à 2005.

Les amis et la famille de Jean Garon ont rencontré hier matin le comité de toponymie de la Ville de Lévis afin de discuter d’une idée qu’ils ont exposée dans une lettre ouverte, cette semaine. Cette idée, soumise à l’origine par l’historien Michel Lessard, ferait en sorte que la portion de la route Kennedy qui parcourt Lévis devienne le boulevard Jean-Garon.

L’homme politique a notamment permis de transformer cette artère, dangereuse à une certaine époque, en route à quatre voies. Puis, d’autres municipalités ont elles aussi choisi, dans le passé, de rebaptiser des portions de cette même route afin d’honorer des bâtisseurs de leur région. 

Passionné et dévoué

« Mes trois filles et moi, nous avons regardé Jean partir à tous les matins pendant toutes ces années, et revenir tard le soir, ce qui faisait qu’il était pas mal absent. Mais nous l’avons accepté, parce qu’il aimait beaucoup son travail et voulait faire une différence, ce qu’il a fait non seulement pour Lévis, mais aussi pour tout le Québec », m’a confié hier Judi Garon, sa conjointe et grande complice depuis les années 1970 et jusqu’à son décès survenu le 1er juillet 2014.

Sa veuve trouve difficile d’attendre depuis tout ce temps pour que la Ville reconnaisse enfin le travail accompli par son époux.

« Monsieur le maire [Gilles Lehouillier] nous a donné à plus d’une occasion l’assurance que quelque chose allait être fait, mais on commence à se demander quand », soumet-elle. 

Mme Garon a également présenté un émouvant témoignage en ce sens aux membres du comité de toponymie, hier matin, qui lui ont semblé ouverts à leur proposition. 

Propositions rejetées

Certes, le comité de toponymie de la Ville de Lévis a offert à la famille, il y a trois ans, de rebaptiser l’ancien hôtel de ville de Lévis. On a ensuite proposé d’y adjoindre le parc qui se trouve aux côtés du bâtiment. Mais plusieurs motifs ont poussé les Garon à décliner, avec raison d’ailleurs. 

« Cet édifice n’était lié d’aucune façon à Jean Garon, sauf le fait qu’il a siégé deux ans comme maire de Lévis, signale Simon Bégin, proche collaborateur de M. Garon pendant une vingtaine d’années. C’est aujourd’hui un endroit administratif qui sert de bureau d’arrondissement, et qui n’est donc pas associé à l’ensemble de la Ville. »

Peu de temps après ce refus, le comité de toponymie de Lévis a été aboli, pour être ressuscité au début de 2020. La famille espère maintenant un dénouement, sachant que « la Ville dispose de tous les pouvoirs nécessaires pour effectuer un tel changement », comme le souligne M. Bégin.

Bien entendu, la proposition du clan Garon implique, pour des commerçants et des résidents, un changement d’adresse. Mais la Ville a dans le passé offert le support nécessaire après avoir rebaptisé le boulevard devenu Guillaume-Couture en 2014, ou avoir aboli les doublons à la suite des fusions. 

Puis, le jeu en vaut la chandelle afin d’honorer adéquatement cet homme politique qui a su laisser sa marque à bien des égards, non seulement à Lévis, mais dans tout le Québec.