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Policier complotiste: il ne se gênait pas sur les constats

La Ville de Laval a accepté vendredi la démission du policier qui a tenu des propos controversés sur internet

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Le policier complotiste de Laval qui jurait qu’il ne « détruirait » pas la vie des gens en leur remettant des contraventions découlant des mesures sanitaires ne s’était pourtant pas gêné pour en distribuer en mai, lors d’une arrestation musclée.

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Maxime Ouimet a été retiré de la route par le chef Pierre Brochet après avoir notamment soutenu sur les réseaux sociaux qu’« il n’y a pas de pandémie », que les masques ne sont portés qu’en public par les policiers et que « JAMAIS » il ne « détruir[ait] » la vie des gens en leur décernant des constats salés de 1546 $. 

Or, le 25 mai, le patrouilleur de 34 ans et un confrère ont interpellé trois individus à bord d’un véhicule qui circulait de façon erratique dans le quartier Laval-des-Rapides. 

Après plusieurs refus d’obtempérer de la part d’un des passagers, l’agent Ouimet a fini par le sortir de la voiture en le tirant par les cheveux afin de le mettre en état d’arrestation pour entrave.

Une partie de la scène a été filmée et partagée de nombreuses fois sur le web.

Si la police de Laval a estimé que l’intervention musclée était justifiée à l’époque, le passager aurait quand même déposé une plainte en déontologie, selon nos informations. 

Trois constats

Ni drogue ni armes n’avaient été trouvées à bord du véhicule à ce moment-là, mais les trois résidents de Montréal avaient tous reçu un constat de 1546 $, puisqu’ils n’habitaient pas à la même adresse et ne pouvaient justifier leur présence à Laval en pleine crise de la COVID-19. 

S’il ne s’est pas gêné pour sanctionner ce rassemblement illégal il y a cinq mois, Maxime Ouimet semble avoir fait un virage à 180 degrés dernièrement.

« J’ai été 12 ans policier pour aider, servir et protéger le peuple. Je ne serai plus un outil du gouvernement pour satisfaire et instaurer sa [d]ictature. Je dis non au premier ministre François Legault », a-t-il écrit mardi sur sa page Facebook « Policier du peuple pour le peuple ».

Billet du médecin

Faisant l’objet d’une enquête disciplinaire depuis quelques jours, la démission de Maxime Ouimet a finalement été officialisée vendredi après-midi, et est effective depuis le 8 octobre, précise la lieutenante Geneviève Major, porte-parole pour le Service de police de Laval.

Selon nos sources, il a déposé un billet de son médecin jeudi soir, stipulant qu’il devait prendre une pause du boulot pour des raisons de santé.

Tout cela survient au lendemain de l’incendie suspect qui a causé des dommages à son commerce de soins esthétiques, vers 23 h 30, jeudi.

Selon toute vraisemblance, un cocktail Molotov aurait été lancé à travers une vitrine du salon Beauté Maudite de Terrebonne. Une enquête est en cours.

Le commerce de soins esthétiques de Maxime Ouimet a vraisemblablement été vandalisé jeudi soir, victime d’un cocktail Molotov.
Photo Roxane Trudel
Le commerce de soins esthétiques de Maxime Ouimet a vraisemblablement été vandalisé jeudi soir, victime d’un cocktail Molotov.

« Wow, un gros merci d’avoir essayé de brûler mon commerce alors qu’on [essaie] d’aider les gens », a réagi Maxime Ouimet sur Facebook, en joignant une capture d’écran de sa caméra de surveillance, dans une publication qui a été retirée depuis. 

La publication Facebook de l’ex-policier qui a été supprimée après quelques heures vendredi.
Capture d'écran tirée de Facebook
La publication Facebook de l’ex-policier qui a été supprimée après quelques heures vendredi.

Maxime Ouimet n’a pas voulu s’adresser aux médias vendredi.