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5 autres trouvailles de la science

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Neuf mois après l’apparition des premiers cas de COVID-19 en Asie, des scientifiques partout dans le monde travaillent toujours sans relâche afin de percer les mystères du coronavirus. Pendant que la recherche d’un vaccin s’accélère, de récentes découvertes aident à mieux comprendre ses effets et à adapter notre mode de vie.

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1. Des chiens renifleurs pour dépister le virus  

Capable de détecter des explosifs, de la drogue, et même des formes de cancer, l’odorat hyper développé des chiens pourrait aussi être mis à profit contre la COVID-19. En Finlande, l’aéroport d’Helsinki a commencé le 23 septembre un projet pilote en collaboration avec une université locale faisant appel à des chiens renifleurs pour détecter l’infection chez les passagers internationaux qui atterrissent. 

Selon le quotidien britannique The Guardian, les canidés « ont pu identifier le virus avec une précision proche de 100 %, même quelques jours avant l’apparition des symptômes », lors de tests préparatoires. 

Concrètement, les voyageurs doivent éponger leur peau avec une compresse. La lingette est placée dans un contenant qui est ensuite disposé parmi d’autres récipients contenant divers parfums. Dix secondes suffiraient au chien pour détecter le coronavirus. 

Si l’animal jappe, siffle ou se couche, c’est mauvais signe pour le passager, à qui l’on conseille de passer un véritable test à l’aide d’un écouvillon pour vérifier le verdict du chien. 

Déjà, en juin, une étude française concluait qu’il y a « une probabilité très élevée » que l’odeur de la sueur des personnes atteintes de COVID-19 soit distincte et perceptible par les chiens.

Ce qu'en pense le doc Béliveau

Le métabolisme normal de nos cellules génère une panoplie de composés volatils organiques qui sont éliminés par les poumons (expiration), la sueur, l’urine et les selles. L’étude de ces métabolites (la métabolomique) montre que la quantité et le type de ces composés volatils varient selon l’état de santé d’une personne et qu’ils peuvent donc servir de marqueurs de certaines maladies. Les chiens ont un nez extraordinaire. Leur odorat étant un million de fois plus sensible que le nôtre, ils sont capables de détecter certaines odeurs et plusieurs études ont montré qu’ils peuvent identifier avec beaucoup de précision la présence de certains types de cancers simplement en reniflant l’haleine, la peau ou les selles d’une personne atteinte de la maladie. On peut présumer que l’infection des cellules par le coronavirus cause elle aussi des perturbations métaboliques majeures dans nos cellules, et il semble bien que les chiens puissent détecter ces variations. 

2. Les jeunes adultes ne vivent pas dans une bulle  

Aux États-Unis, les cas ont explosé cet été chez les 20 à 29 ans, représentant 20 % des nouveaux cas de coronavirus. Dans les régions du sud, en proie à de nombreuses éclosions, une étude fédérale a démontré que les flambées des cas chez les 20 à 39 ans étaient généralement suivies neuf jours plus tard par des vagues de nouvelles infections chez les adultes de 40 à 59 ans. 

Environ 15 jours plus tard, on constatait une recrudescence de la maladie chez les 60 ans et plus. « La prévalence des cas d’infection par le SARS-CoV-2 chez les jeunes adultes contribue probablement à la transmission communautaire de COVID-19, y compris chez les personnes à risque plus élevé de maladie grave, comme les personnes âgées », concluent les chercheurs, qui invitent à mettre l’accent sur des stratégies d’atténuation ciblant les jeunes adultes.

3. 4 patients sur 5 souffrent d’un problème neurologique  

Le coronavirus cause des symptômes neurologiques à une majorité des gens qu’il infecte, a découvert une étude américaine. 

Ces symptômes sont très variés, mais heureusement sans gravité la plupart du temps. Les auteurs ont épluché les dossiers médicaux de 509 patients atteints par la COVID-19 hospitalisés dans la région de Chicago. 

Pas moins de 82 % d’entre eux ont éprouvé un symptôme d’ordre neurologique à un moment ou à un autre. 

La manifestation la plus courante était des douleurs musculaires (45 %), suivie par les maux de tête (38 %). Près du tiers a vécu une altération de la fonction cérébrale (encéphalopathie) qui peut causer des troubles allant de la simple perte d’attention jusqu’au coma pour les cas les plus graves. Seize pour cent ont rapporté une perte du goût. 

« Les effets à long terme de la COVID-19 sur le système nerveux restent incertains », ont soulevé les auteurs.

 

4. Moderna : résultats encourageants chez les personnes âgées  

Efficace et sécuritaire chez les adultes de 18 à 55 ans selon des études préliminaires, le candidat-vaccin de Moderna contre la COVID-19 le serait tout autant chez les 55 ans plus, y compris les personnes âgées de plus de 70 ans. 

C’est ce que suggèrent des résultats provenant de la première phase de l’essai clinique de la compagnie américaine, obtenus auprès d’une quarantaine de volontaires. 

Si la prudence est de mise en raison de la taille de l’échantillon, ces données font espérer que le vaccin pourra protéger une tranche d’âge particulièrement vulnérable. 

Selon Moderna, le vaccin a induit chez les volontaires plus âgés des niveaux d’anticorps neutralisant « comparables » à ce qui a été observé chez les sujets plus jeunes, et le produit s’est révélé « généralement bien toléré ». 

On en saura plus après l’essai clinique de phase 3, qui se déroule présentement, puisque celui-ci vise à tester le vaccin dans des conditions réelles, sur des milliers de personnes.

Ce qu'en pense le doc Béliveau

Il s’agit d’une information cruciale, car les personnes âgées sont de très loin les personnes les plus à risque de complications de la COVID-19. L’étude a également montré qu’en plus d’une production d’anticorps comparable à celle observée chez les plus jeunes, le vaccin induisait une forte activation des lymphocytes T, ceci augure très bien en ce qui a trait à l’efficacité de la vaccination. 

 

5. Une réponse immunitaire « innée » au secours des enfants  

Pourquoi le nouveau coronavirus affecte-t-il moins les enfants que les adultes ? Selon une étude américaine publiée en septembre dans la revue Science Translational Medicine, c’est peut-être en raison d’une habileté toute spéciale du système immunitaire qui est « innée » chez les enfants et qui se perd avec le temps. 

Du fait de leur jeune âge, le système immunitaire des enfants rencontre plus souvent des pathogènes qu’il ne connaît pas. 

Leurs défenses se mettraient ainsi en alerte plus rapidement et avec beaucoup de vigueur, selon des auteurs de l’étude interrogés par le New York Times. Ces derniers ont comparé la réponse immunitaire de 65 enfants et jeunes adultes avec celle de 60 adultes plus âgés admis pour la COVID-19 dans des hôpitaux new-yorkais. Plus les patients étaient jeunes, plus ils avaient dans leur sang des niveaux élevés d’interleukine 17A et d’interféron gamma, des molécules immunitaires. 

Celles-ci aideraient entre autres à combattre les symptômes respiratoires sévères, selon les scientifiques.

 

L’état de la recherche au Québec  

IMV

Basée à Québec et à Halifax  

  • Candidat-vaccin synthétique s’attaquant à quatre faiblesses du coronavirus et délivrant les ingrédients actifs sur une longue période  
  • Début des essais cliniques d’ici la fin de l’année    

Medicago

Basée à Québec  

  • Fin imminente de la phase 1 des essais cliniques sur 180 volontaires  
  • Candidat-vaccin conçu avec une technologie innovante de production sur plantes    

Glycovax

Basée à Montréal  

  • Candidat-vaccin basé sur la chimie des sucres et agissant sur les glucides du coronavirus  
  • Présentement en phase préclinique, début des essais sur les humains prévu au début de l’année 2021    

CRCHU Québec  

  • Travaux du Dr Denis Leclerc, chercheur en microbiologie-infectiologie  
  • Petite équipe de 5 personnes  
  • Candidat-vaccin basé sur l’utilisation de nanoparticules  
  • Tests préparatoires sur des rongeurs en cours    

Ce qu’en pense le doc Béliveau

Il est très probable qu’au moins un des vaccins qui sont présentement à un stade de développement avancé (Moderna, Pfizer et AstraZeneca) présentera une efficacité suffisante contre le coronavirus et sera approuvé dans les prochains mois, s’il s’avère aussi sécuritaire qu’il l’aura été en phase 1 et 2. Cependant, il faut garder en tête que le critère d’évaluation clinique des essais cliniques sur ces vaccins est la réduction d’incidence des formes légères et modérées de la COVID-19. On risque donc de ne pas connaître l’efficacité de ces vaccins contre les formes sévères, responsables des décès associés à cette maladie, particulièrement chez les personnes obèses ou présentant des comorbidités. D’où l’importance de continuer la recherche pour augmenter les chances de développer le vaccin le plus performant possible. Il est très probable que nous ayons besoin de plus qu’un type de vaccin pour venir à bout de cette pandémie.