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La sexualité à travers la maladie

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Ce 10 octobre clôt la semaine de la sensibilisation aux maladies mentales. Or, le besoin d’aide et le sentiment de détresse ne peuvent se limiter aux paroles, aux actions de prévention et d’intervention d’une seule semaine, aussi importante soit-elle. Au-delà des mots, il faut agir, toute l’année. Car les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale luttent au quotidien et, avec des services et des mesures de soutien adéquats, la qualité de vie peut être très satisfaisante. Qu’en est-il de la qualité de vie sexuelle ?

Santé et sexualité

Selon l’Association québécoise des parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale (AQPAMM), une bonne santé mentale permet aux gens de :

  • Réaliser leur plein potentiel ;
  • Faire face aux stress de la vie ;
  • Travailler de façon productive ;
  • Faire des contributions significatives à leurs communautés.

Toujours selon l’AQPAMM, le développement d’un problème de santé mentale serait un malheureux concours de circonstances qui combine des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux à un contexte propice, soit l’augmentation des stress et la diminution des capacités d’adaptation. En ce sens, personne ne peut donc prétendre être à l’abri totalement de problèmes de santé mentale. Lorsque tombe un diagnostic, les retombées sont à la fois importantes et déstabilisantes pour de nombreuses personnes et leur famille.

La sexualité représente une sphère susceptible d’être influencée par les soubresauts et les mouvements, somme toute inévitables, de la vie. Or, les personnes aux prises avec la maladie mentale sont, pour la plupart, plus sujettes à être mises à l’épreuve par ces bouleversements. D’une part en raison de la maladie, mais également en raison de certains traitements médicamenteux.

Un article publié par Lorenzo Soldati, médecin adjoint et responsable de la consultation spécialisée de sexologie aux Hôpitaux universitaires de Genève, révèle que plus de 70 % des hommes et 50 % des femmes témoignent d’une sexualité dysfonctionnelle en raison de la maladie, mais également en raison des antipsychotiques. Il note que près de la moitié des patients dépressifs présentent des troubles sexuels : diminution du désir, baisse d’excitation ; parfois, certains antidépresseurs aggravent ces difficultés en provoquant, chez certaines personnes, une difficulté à atteindre l’orgasme (à noter, certains antidépresseurs peuvent, toujours selon Soldati, permettre aux patients de retrouver du désir). 

Pour les personnes atteintes de troubles anxieux, alimentaires, de la personnalité, c’est la maladie elle-même (et non le traitement) qui est avant tout responsable de nombreuses difficultés sexuelles. 

Des solutions !

Il arrive que lorsque la souffrance et la détresse sont si importantes, elles puissent prendre toute la place et qu’elles jettent de l’ombre (pour ne pas dire de la noirceur) sur tous les aspects de la vie. C’est alors que le découragement emboîte le pas et peut laisser la personne dans un état de détresse. Des solutions sont offertes, mais il n’est pas toujours facile de tendre la main pour obtenir de l’aide. La personne atteinte et sa.son partenaire vivent parfois des années avant d’obtenir du soutien, laissant souvent des traces importantes dans la vie de chacun. Car au-delà des dysfonctionnements sexuels liés à la réponse sexuelle (désir, excitation, orgasme), c’est la relation à soi et à l’autre qui en subit également les contrecoups.  

Osez tendre la main : pour offrir de l’aide, mais aussi pour en recevoir. Briser le silence, ne pas avoir honte. Il est essentiel de rendre les ressources plus accessibles.

Source : « Je souffre de troubles psychiatriques et ma sexualité s’en trouve affectée. Que puis-je faire ? », Lorenzo Soldati, le 9 mars 2019, www.experts-hug.ch/2019/03/09/troubles-psychiatriques-sexualite/.


► N’hésitez pas à vous adresser à l’Ordre des psychologues, à l’Ordre professionnel des sexologues du Québec pour trouver un professionnel.

► Services de crises du Canada : 833-456-4566

► Mouvement santé mentale Québec : mouvementsmq.ca/besoin-d-aide