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COVID-19: l'événementiel se dit encore délaissé

La Firme
Photo Catherine Bouchard Arlaine Cossette, copropriétaire de La Firme.

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L’industrie de l’événementiel se sent plus que jamais oubliée, dans le cadre du second confinement, alors que les événements s’annulent un après l’autre et que plusieurs entreprises ne cadrent dans aucun programme d’aide financière gouvernemental.

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Après avoir essuyé des annulations d’événements en série au printemps dernier, voilà que l’industrie de l’événementiel fait face au même scénario cet automne, avec l’énergie et les capacités fragilisées au maximum.

«Toutes les entreprises qui touchent l’événementiel se sentent vraiment mises de côté. Il y a eu des solutions pour les salles de spectacles, les artistes, mais pour l’événementiel, rien», laisse tomber Arlaine Cossette, copropriétaire de La Firme, une entreprise spécialisée dans la gestion et l’organisation d’événements spéciaux.

Mme Cossette et sa sœur, Magali, autre copropriétaire, comprennent très bien que des mesures sanitaires s’imposent dans le contexte.

 «Je ne pense pas que les mesures soient exagérées, on parle quand même de la santé des gens», laisse tomber Magali.

Toutefois, l’entièreté de leurs projets est tombée à l’eau et, financièrement, c’est le néant.

«Les aides financières sont particulières et on ne cadre pas. À titre d’exemple, en culture, ils se basent sur la vente de billets. Mais nous, on vend des forfaits aux entreprises, où les prix sont basés sur le nombre de personnes qui participent», expliquent-elles.

Les deux entrepreneurs souhaitent se réinventer, afin de répondre aux nouvelles réalités dans le contexte de pandémie.

«Mais ça prend de l’aide et du financement pour développer les projets», fait valoir Arlaine.

Chez le Groupe Pro-Expo, qui se spécialise dans la gestion d’événement, le découragement est aussi bien présent.

«On ne voit pas la lumière au bout du tunnel. Nous sommes dans une situation aussi pire, sinon plus, que celles des restaurateurs. Nous, nous n’avons pas eu de break cet été», laisse tomber Roger Paradis, promoteur pour l’entreprise.

Le promoteur rappelle que les événements se prévoient de huit à 10 mois d’avance. Ils ont donc perdu tout l’argent qu’ils ont déboursé les mois avant le premier confinement.

Ils ont reçu le prêt d’urgence de 40 000$ et la subvention salariale, mais ils n’ont aucun revenu.

Autrement, l’entreprise ne cadre dans aucun programme d’aide elle non plus.

«C’est atroce, laisse tomber M. Paradis. On estime que ça prendra entre huit et 10 ans avant de retrouver ce que nous avons perdu.»

Navuth Eap, du Groupe Sportscene, fait aussi face à une dure réalité.

«Les annulations se succèdent une après l’autre», laisse-t-il tomber.

Il y a eu les mariages, puis les événements corporatifs d’automne.

« Là, on vit tranquillement l’abandon des partys de Noël», lance-t-il.

Son entreprise ne se qualifie pas non plus pour les programmes d’aide. Il pourrait avoir la subvention salariale, mais il n’a aucun revenu.

«Donc ça ne m’aide pas», indique M. Eap.

Il indique que des pressions ont été faites auprès du gouvernement, par le biais de l'Association des professionnels en exposition du Québec (APEQ), mais celles-ci sont restées sans réponses.