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Le courrier des finances personnelles

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L’IMPÔT À PAYER SUR LA PCU

Question de James 

En mars 2020, j’ai perdu mon emploi et j’ai touché la PCU pendant trois mois, pour un total de 6000 $. En juin mon patron m’a rappelé et j’ai repris mon travail, au même salaire qu’auparavant. En 2019, j’avais déclaré 38 689 $. Je vis avec ma copine depuis juillet 2018, en union libre. Dans ma prochaine déclaration de revenus, à combien d’impôt dois-je m’attendre pour les trois mois de PCU reçus ? Je veux pouvoir commencer à faire des économies pour éviter les mauvaises surprises.

Daniel Harissa, conseiller en sécurité financière chez Lafond, Services financiers, a fait le calcul pour vous. Pour les fins de l’exercice, il a arrondi votre salaire annuel à 40 000 $. Admettons que vous travaillerez neuf mois sur 12 en 2020, pour un revenu d’environ 30 000 $ (40 000 $ / 12 X 9 = 30 000 $). Vous serez déjà imposé à la source avec un taux effectif correspondant à votre salaire. Si on ajoute à cela 6000 $ de PCU, votre revenu brut grimpe à 36 000 $. Il faudra donc se fier au taux d’imposition marginal associé à ce montant. Dans votre cas, ce taux est de 27,53 %. Le calcul est donc le suivant : 6000 $ X 27,53 % = 1651,80 $ d’impôt supplémentaire à débourser.

Vous pourriez mettre de côté ce montant d’ici avril prochain, ou encore demander à votre employeur d’augmenter vos retenues à la source sur vos payes d’ici le 31 décembre 2020, afin d’y intégrer ces sommes supplémentaires. Cela vous permettra de compenser en tout ou en partie l’impôt à payer l’an prochain.

« Mais si vous avez des droits de cotisation inutilisés dans vos REER et disposez des liquidités disponibles, vous pourriez éviter de payer cet impôt en cotisant 6000 $. Toutefois, si vous anticipez de gagner un revenu beaucoup plus élevé dans les années futures, peut-être préférerez-vous conserver ces droits pour plus tard », précise Daniel Harissa. Vous pensez acheter une première propriété à court terme ? N’oubliez pas que le Régime d’accession à la propriété (RAP) vous permet de décaisser 35 000 $ de vos REER. Par conséquent, cotiser davantage pourrait vous aider à atteindre votre but.

Pour calculer le pourcentage d’impôt marginal sur votre revenu, vous pouvez utiliser cette calculatrice :

https://www.thomsonreuters.ca/fr/suiteprofessionnelledt/soutien/calculatrice-d-impot.html

REVENUS DE DIVIDENDES ET REVENUS D’INTÉRÊTS

Question de Jean

Je voudrais comprendre la différence entre les revenus de dividendes et les revenus d’intérêts. Fiscalement, est-il plus avantageux de déclarer des revenus de dividendes comparativement à des revenus d’intérêts ?

« Il existe trois types de revenus de placement : les intérêts, les dividendes et le gain en capital », explique le planificateur financier et fiscaliste Jean-Philippe Vézina, de l’équipe Jean-Maurice Vézina. Pour les fins de l’exercice, il a considéré un revenu de placement de 5000 $, avec un revenu imposable de 50 000 $. 

  • Les revenus d’intérêts   

Essentiellement, les intérêts s’ajoutent à votre revenu imposable et seront donc imposés à votre taux d’imposition marginal. Dans notre exemple, le taux combiné provincial et fédéral d’imposition serait de 37 118 %.  

  • Les revenus de dividendes  

L’imposition varie en fonction du type de dividendes. La société qui vous le verse devra indiquer s’il s’agit d’un dividende « déterminé » ou pas. La différence des taux provient des variations dans l’imposition corporative de la société qui verse le dividende. Dans notre exemple, si l’individu a reçu un dividende déterminé, il sera imposé à un taux combiné provincial et fédéral de 17 769 %. Pour un dividende « non déterminé », on parle alors d’un taux combiné de 28 529 %.  

  • Les revenus de gain en capital  

Le gain en capital correspond à l’augmentation de la valeur d’un bien. Son avantage est que seule la moitié du gain en capital est imposable. Avec un taux marginal de 37 118 %, dans notre exemple le taux d’imposition combiné provincial et fédéral serait de 18 559 %.

À la lumière de cette démonstration, on voit bien que facture diffère en fonction de la source des revenus de placement. « Les intérêts sont les revenus de placement les moins rentables sur le plan fiscal. En général, le gain en capital et les dividendes déterminés sont beaucoup plus avantageux à cet égard dans un portefeuille de placement non enregistré ou corporatif », constate Jean-Philippe Vézina. 

Il ajoute que si vous possédez une compagnie opérante ou de gestion, vous devriez demander à votre comptable ou à votre fiscaliste si vous avez un solde de CDC. Car il existe un autre type de dividende : celui provenant du compte en dividende en capital (CDC) qui lui, n’est pas imposable !