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C’est pas simple...

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Le nouveau ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, en point de presse à l’Assemblée nationale, vendredi.

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Un ministre des Affaires autochtones enthousiaste, un nouveau sous-ministre. François Legault a donné un véritable coup de barre pour relancer la relation houleuse entre son gouvernement et les Nations autochtones du Québec.

Il lui aura fallu deux ans au pouvoir pour enfin comprendre qu’il est plus facile de promettre une Paix des Braves 2.0 que d’y arriver.

Comme il l’a reconnu, il faut rebâtir la confiance, instaurer un respect mutuel. Un défi titanesque face à des communautés parfois divisées qui se sont trop souvent vu promettre mer et monde pour se retrouver le bec à l’eau.

« C’est pas simple », a martelé François Legault vendredi. Il l’a répété pas moins de huit fois en 30 minutes.

Vrai. Mais ça ne doit pas non plus devenir un prétexte à l’enlisement de son effort de réconciliation avec les communautés autochtones une fois que la crise actuelle sera passée.

Et alors ?

« C’est pas simple », s’il y a une vérité de La Palice au chapitre de la réconciliation, en voilà bien une.

Tous les politiciens, experts, leaders autochtones le reconnaissent. 

Difficile de surmonter des décennies de méfiance. 

Douloureux d’être confronté aux conséquences néfastes d’une colonisation raciste. 

Compliqué de transcender le cadre parfois insoluble de la Loi sur les Indiens, la gouvernance bancale de plusieurs communautés. 

Exigeant de combattre nos propres préjugés. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Laborieux d’investir temps, énergie, bonne foi, patience pour tisser des liens de confiance.

Or, depuis trop longtemps, ce « c’est pas simple » est devenu une défaite, une position de repli pour excuser l’absence de progrès face aux communautés autochtones.

Mais encore...

Aller sur la Lune non plus n’était pas simple. Et pourtant les États-Unis y sont arrivés en huit ans. Pourquoi ? Parce que le président Kennedy en a fait une priorité absolue, parce que ses successeurs n’y ont pas renoncé. Parce que c’est devenu un vaste projet national.

Trouver un vaccin contre la COVID non plus n’est pas simple. Et pourtant l’humanité risque d’y arriver en un temps record. Pourquoi ? Parce que nos économies en dépendent. Parce que c’est devenu LE projet planétaire. 

Vous direz que j’exagère ? La solution aux grands problèmes de notre époque dépend avant tout de la volonté politique, à la remorque de la volonté populaire.

François Legault affirme que son gouvernement va se révéler celui qui en fera le plus pour les Autochtones.

L’ambition est louable. Elle serait plus crédible s’il s’engageait à réussir, plutôt qu’à se trouver d’emblée une porte de sortie.