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Encore des séquelles de la COVID-19 après quatre mois

Une infirmière appelle les Québécois à se protéger contre le coronavirus

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Photo courtoisie Marie-France Lemay, une infirmière auxiliaire de 54 ans, ressent encore de la fatigue extrême et des douleurs intenses, des mois après avoir contracté la COVID-19.

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Une infirmière de la Montérégie qui souffre toujours de lourdes séquelles quatre mois après avoir contracté la COVID-19 exhorte les Québécois à prendre la menace du coronavirus au sérieux.

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« Je devrais me déplacer avec une canne, mais je manque de force pour la tenir. La dizaine de pas pour aller du salon à la salle de bain, c’est pénible. Se lever et s’asseoir, c’est difficile. Ça, c’est mon quotidien depuis le mois de juin », souffle Marie-France Lemay, exaspérée.

L’infirmière auxiliaire de 54 ans a contracté la maladie il y a près de quatre mois. Depuis, des douleurs aux muscles et aux articulations la tiraillent sans cesse. Elle ressent une fatigue intense, la forçant souvent à dormir 14 heures par jour. Parfois, elle n’a tellement aucune force que son conjoint doit couper son steak pour elle afin qu’elle arrive à le manger.

Pas une grippe

Des séquelles tenaces qui plombent sa qualité de vie et son moral. C’est pourquoi elle appelle les Québécois à suivre les consignes sanitaires et à se protéger du virus, car pour elle, le coronavirus « n’a rien d’une grippe ».

Dès le début de la pandémie, Mme Lemay s’est retrouvée à soigner des patients atteints de la maladie dans une unité de l’Hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield.

Elle a été au chevet de 21 patients hospitalisés en même temps, à suffoquer sous les équipements de protection et ne comptant plus les heures supplémentaires.

« De voir le coronavirus et d’en entendre parler, ce n’est pas la même chose [...] les gens n’ont pas conscience des risques », dit-elle. 

Car malgré toutes ses précautions, elle a aussi été infectée après des mois à côtoyer le virus de très près.

Pas hospitalisée mais...

La quinquagénaire a enchaîné les jours de fièvre, elle respirait difficilement, mais elle n’a pas eu besoin d’être hospitalisée. Elle comptait les jours, se disant qu’après deux semaines, elle serait passée à travers l’infection. 

Mais la fatigue, les douleurs et même le souffle court ont persisté, même quand elle a retrouvé le goût et l’odorat.

Elle compare la COVID-19 à une roulette russe. Elle a vu des collègues ne subir aucun symptôme. Certains ont été frappés encore plus durement qu’elle, mais se sont remis par la suite.

Marie-France Lemay souligne qu’elle était active et en parfaite santé avant d’être infectée. 

Aujourd’hui, elle doit choisir entre faire une courte marche à l’extérieur ou prendre une douche, car elle manque d’énergie pour les deux.

Les médecins lui prescrivent du repos, ignorant comment la guérir et quand les séquelles pourraient s’estomper. 

« Ça commence à être long là », s’exaspère-t-elle, ajoutant que son conjoint et elle ont décidé de s’isoler dans leur chalet des Laurentides.

Alors qu’elle est physiquement incapable de retourner travailler, elle pense à ses collègues qui doivent affronter la deuxième vague. Elle craint que si le relâchement perdure et que trop de Québécois contractent le virus, le système de santé en vienne à craquer.

La semaine dernière, le ministère de la Santé et des Services sociaux dénombrait plus de 6000 travailleurs du réseau absents à cause du coronavirus. Il n’était cependant pas en mesure de préciser combien manquent à l’appel depuis plusieurs mois.

Mais le nombre d’employés qui s’absentent pour maladie ou pour isolement préventif augmente depuis septembre.

Depuis le début de la pandémie, on a compté 16 583 cas confirmés parmi les travailleurs de la santé, dont 13 décès.