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Il n’abandonnera pas les étudiants

Il n’abandonnera pas les étudiants
Courtoisie / Mario Fortin

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Après 35 ans de carrière, un intervenant social d’une polyvalente du Centre-du-Québec a reporté sa retraite, déterminé à ne pas laisser les élèves derrière lui dans le contexte difficile de la COVID-19. 

«Nous étions à deux semaines de présenter une pièce de théâtre, lorsque tout s’est arrêté en mars. Je me suis dit que ce n’était pas vrai que j’allais finir ma carrière comme ça à cause de la pandémie. J’ai encore la passion et je veux vivre une année normale pour mener les projets à terme avec les jeunes», a expliqué à l’Agence QMI Mario Fortin, qui travaille au Service d'animation spirituelle et d'engagement communautaire de la polyvalente La Samare, à Plessisville.

L’homme de 57 ans est animé par le plaisir de voir les élèves cheminer par l’entremise de divers événements parascolaires.

Chaque année, il organise plusieurs activités qui mobilisent près de 250 élèves de l’école. Voyages humanitaires au Guatemala, pièces de théâtre, Journée Normand-Maurice: les initiatives sont habituellement nombreuses. Mais ce n’est plus le cas.

«La vie scolaire est la marque de commerce de la polyvalente La Samare, c’est une très bonne école, mais la pandémie est en train de mettre la hache dans tout ça. C’est très dur pour les élèves et la direction», a laissé entendre Mario Fortin.

M. Fortin est présentement en arrêt de travail en raison du nouveau coronavirus. Sa condition de santé le place dans une catégorie à risque. Il est impatient de retrouver un rythme de vie normal. Il sait que des besoins particuliers se feront sentir chez les adolescents et redoute les conséquences possibles, lorsqu’il songe à la possibilité que la situation persiste pour encore plusieurs mois.

«Pour plusieurs étudiants, les activités représentaient leur motivation pour se lever le matin. Je redoute une vague de décrochages, de démotivations scolaires, de dépressions et de crises d’angoisses. J’ai peur. La COVID-19 va peut-être créer quelque chose de pire pour les jeunes», a dit celui qui est également le maire de Plessisville.

«Dans le contexte actuel, le fait de limiter les activités parascolaires est probablement le sacrifice à faire, a-t-il ajouté. Toutefois, une école est beaucoup plus que le volet pédagogique. C’est un milieu de vie. C’est un point tournant pour former l’élève [...]. Ça m’inquiète que les jeunes ne puissent pas vivre ces expériences marquantes.»

Mario Fortin espère que le gouvernement saura aider les élèves sur le plan psychologique dans les prochains mois. Il ignore encore à quel moment il pourra retourner au travail, mais, à sa façon, il veut continuer de faire une différence.