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La «spaghettification» d’une étoile par un trou noir observée en temps réel

La «spaghettification» d’une étoile par un trou noir observée en temps réel
AFP

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Paris | Pour la première fois, des astronomes ont pu suivre en temps réel et avec une proximité inégalée la «spaghettification» d’une étoile en partie dévorée par un trou noir, selon une étude lundi. 

L’astre, dont la masse est équivalente à celle de notre soleil, s’est aventuré trop près d’un ogre supermassif, d’une masse un million de fois plus grande que lui.

La plupart s’y perdent corps et biens, littéralement avalés par la force d’attraction phénoménale du trou noir, qui empêche même la lumière de s’en échapper.

D’autres subissent une dislocation progressive, dans ce que les astronomes appellent un effet de nouilles ou de «spaghettification». Dans le cas observé, l’étoile y a perdu presque la moitié de sa masse en l’espace de six mois. 

«C’est exactement ce qui arrive dans un événement de rupture par effet de marée», ou TDE, a dit l’astronome britannique Matt Nicholl, de l’université de Birmingham, auteur principal de l’étude parue dans la revue scientifique Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

En s’approchant, l’étoile commence par s’aplatir puis elle s’étire sous l’effet des forces de marée dues au trou noir, en prenant la forme d’un cigare ou d’une crêpe, a expliqué à l’AFP Stéphane Basa, directeur de recherche au laboratoire d’astrophysique de Marseille: «Lorsque ces forces dépassent la force de cohésion de l’étoile, celle-ci perd des morceaux qui s’engouffrent dans le trou noir.» 

L’un des principaux apports de l’étude est de mieux comprendre comment la matière est absorbée, sous la forme en l’occurrence de fins filaments, mais aussi de montrer, «pour la toute première fois», selon M. Basa, qu’une partie de la matière de l’étoile était éjectée à l’opposé du trou noir.

La proximité relative de l’événement, à environ 215 millions d’années-lumière, a permis de mobiliser rapidement de nombreux moyens d’observation, dont ceux de l’Observatoire européen austral (ESO). Il est si rare qu’il faudrait observer 10 000 galaxies pendant un an pour espérer en détecter un autre.