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L’immunité collective n’est pas une solution

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Laisser le virus SARS-CoV-2 se propager dans la population dans l’espoir de bâtir une immunité collective qui mettra fin à la pandémie pourrait-il représenter une solution contre la COVID-19, un peu comme le ferait le vaccin? 

Selon le Dr Gaston De Serres, cette façon d’aborder la pandémie ne peut pas fonctionner, et ce, pour plusieurs raisons.

En entrevue avec Mario Dumont à LCN, le Dr De Serres a cité l’exemple de la communauté de Manaus au Brésil où le virus a fait des ravages.

«L’épidémie a été explosive, 50 à 60% de la population a été touchée par la COVID. Évidemment, ça ne se fait pas sans complications pour le système de santé, et niveau de la mortalité», explique Gaston De Serres.

«Avant d’avoir 50-60% de la population immunisée, il va falloir qu’il y ait beaucoup beaucoup de cas dans la population! Environ 5 à 6 millions de personnes qui devront faire l’infection [au Québec]!»

Des chiffres qui semblent irréalistes en raison des conséquences désastreuses qu’une telle contagion engendrerait.

Au Québec, une étude de Héma-Québec indiquait au printemps qu’environ 3% de la population de Montréal et Laval avait eu le virus, et environ 1,6% dans le reste de la province.

Les ratios indiquent que l’immunité collective est loin d’être atteinte dans la province, alors qu’on a enregistré un lourd bilan de près de 6000 décès.

«[L’immunité collective] ça veut dire beaucoup de malades... Quelqu’un qui est jeune, sa probabilité d’être hospitalisé, elle n’est pas grande, mais s’il y a des centaines de milliers de jeunes qui ont la maladie, là évidemment, ça fini par rentrer à l’hôpital abondamment », souligne-t-il.

Par ailleurs, les symptômes persistants de la maladie poussent l’expert à croire que l’immunité collective ne serait pas bénéfique.

«Des gens trainent une fatigue importante après avoir fait la COVID, des gens ont perdu l’odorat et ne l’ont pas récupéré. Est-ce qu’ils ne le récupéreront jamais? On ne le sait pas. S’il y a un certain nombre d’individus qui perdent l’odorat pour le reste de leurs jours, ce n’est quand même pas si banal», conclut le Dr De Serres.