/news/health
Navigation

Côte-Nord : un syndicat critique des dépenses du CISSS

Coup d'oeil sur cet article

Des dépenses du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord (CISSS) en équipement de bureau sont dénoncées par un syndicat qui aurait mieux apprécié que l’argent soit investi dans la création d’emplois.

Le CISSS a dégagé 200 000 $ pour l’achat de 21 bureaux amovibles, d’équipements de réalité virtuelle et l’aménagement d’une salle tapissée d’écrans. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) estime, elle, qu’il serait plus utile de créer des postes permanents pour assurer les services à la population.

«Présentement, on est en demande pour avoir plus de postes d’éducateurs en centre jeunesse. On manque de psychologues, d’orthophonistes, déplore Marie-Claude Chiasson, représentante de la région de la Côte-Nord à l'APTS. Ce qui a été choquant pour nos membres, c’est de voir que ces sommes n’ont pas été utilisées pour augmenter les services à la population sur la Côte-Nord.»

Selon les chiffres obtenus par le syndicat à la suite d'une demande d'accès à l'information, le centre de santé de la Côte-Nord a acquis les 21 bureaux portatifs pour 159 000 $. Aussi, 28 350 $ ont été dépensés pour l’acquisition d’un système de réalité virtuelle et 13 300 $ pour l’aménagement d'un local muni de 24 écrans.

Ces achats sont justifiés, répond la direction du CISSS. Les bureaux amovibles seront installés un peu partout dans les différents points de service du centre de santé répartis sur son vaste territoire. Ils seront destinés aux employés-cadres ou pour des activités de formation. La direction dit avoir choisi cette formule pour assurer la distanciation physique chez les employés alors que les espaces de travail se font rares.

Quant à la salle de pilotage avec les 24 écrans accrochés à ses quatre murs aménagée à Port-Cartier il y a trois mois, elle vise à permettre aux gestionnaires de suivre les indicateurs de performances de l’organisation.

«Ce qu’on pense aller rechercher avec ça, c’est de la vélocité de gestion qui nous permettra d’être aux aguets des écarts un peu partout et bien réagir pour bien faire les choses», explique le directeur des services techniques du CISSS, Danny Gagnon.

«On est possiblement précurseur au niveau du réseau de la santé et des services sociaux. Mais dans l’entreprise privée, ce sont des choses qui se sont développées pour suivre des indicateurs de maturité et de performances. C’est des choses qui vont s’appliquer très bien au réseau de la santé», précise M. Gagnon.

De son côté, le système de réalité virtuelle avec ses quatre casques servira éventuellement lors de rencontres et son achat vise à réaliser des économies en évitant des déplacements de gestionnaires sur le territoire.

«Il y a beaucoup de rencontres via Zoom, Teams qui peuvent être tenues avec des lunettes. En comparant avec les tablettes ou ordinateurs, le prix des lunettes est plus bas», affirme M. Gagnon.

Le syndicat APTS maintient que la direction du centre aurait dû investir autrement.

«Le CISSS choisit d'investir dans ce type de matériel là plutôt que d'augmenter l'offre de service sur le territoire», dénonce Marie-Claude Chiasson, de l’APTS.