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Difficile de porter le poids du confinement

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Le confinement peut s'avérer très difficile pour le moral et peut même devenir trop lourd à porter pour les gens qui souffrent d'un problème de santé mentale. 

Un père de famille a vécu une fin de semaine difficile après que son fils de 24 ans eut menacé de s'enlever la vie avec un couteau.

«Ça m'a pris 45 minutes pour prendre le couteau de sa main parce qu'il disait qu'il allait s'enlever la vie. Il me disait "je ne suis pas capable, je suis fâché de ma vie"», a-t-il raconté à TVA Nouvelles.

Son fils a été transporté à l'Institut Douglas. Le jeune, qui est bipolaire, a fait trois tentatives de suicide durant la pandémie.

«Il ne peut pas aller à beaucoup de places, il est toujours à la maison. Ce n'est vraiment pas bon pour la tête», a ajouté son père.

Mardi matin, il faisait partie des 19 patients qui attendaient à l'urgence où seulement six civières sont disponibles.

Les derniers jours ont été particulièrement occupés dans les établissements en santé mentale, beaucoup plus que lors de la première vague.

«Certainement que les troubles anxieux jouent beaucoup à l'intérieur de la deuxième vague. N'oublions pas aussi qu'il y a beaucoup de gens qui ont perdu leur emploi, par rapport à la première vague. Donc, ça a un impact aussi sur leur niveau d'anxiété, sur leur niveau de stress. On voit beaucoup de consultations qui se font à cet effet-là», a expliqué Amine Saadi, directeur adjoint des services spécialisés en santé mentale au CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal.

Le nombre de suicides n'a pas augmenté. Selon les experts en prévention, les gens prennent des nouvelles de leurs proches, virtuellement, par exemple, et il faut continuer.

Mais pour ce père, l'inquiétude demeure à son paroxysme: son fils a pu sortir mardi soir, mais il aurait souhaité que l'établissement le garde plus longtemps.

«Je sais qu'il a un problème dans la tête. Je sais que ce n'est pas drôle, vivre ça. Pour moi, c'est vraiment difficile. Moi, j'ai peur!», a-t-il confié.