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Joe Biden profite d’une passe gratuite

Joe Biden profite d’une passe gratuite
AFP

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Depuis son arrivée sur la scène politique, les projecteurs sont constamment braqués sur Donald Trump. Si l’engouement – voire l’obsession – des médias pour l’homme a la plupart du temps servi sa cause, il en paie aussi le coût.

Ceux qui s’attendaient à ce que Joe Biden s’écroule ou s’épuise s’impatientent. Depuis qu’il est devenu officiellement le candidat du Parti démocrate, l’ancien vice-président a su éviter les principaux pièges et il s’acquitte honorablement de sa tâche. Après avoir prononcé un discours vigoureux lors de la convention de sa formation politique, il a survécu à un débat pour le moins houleux dont il est sorti gagnant.

Pourtant, Joe Biden ne fait rien de bien spectaculaire et la couverture des médias place toujours en évidence les faits et gestes du président sortant. Les stratèges du candidat démocrate ont bien compris que ce cycle électoral constituait un référendum sur Donald Trump. Pourquoi étourdir les journalistes et risquer le faux pas lorsque ce n’est pas nécessaire? 

Le simple fait que le candidat républicain soit obligé de se soucier de la Géorgie, généralement un fief républicain, suffit à démontrer que les choses vont plutôt bien pour les démocrates. Tirant de l’arrière, Donald Trump s’agite plus que jamais et les médias, trop souvent pris à partie par le président, sont les complices de sa quête perpétuelle d’attention.

Je l’ai souvent affirmé, si Donald Trump a le sens du spectacle et s'il n’a pas son pareil pour détourner tout un cycle de nouvelles, il est aussi son pire ennemi. Pendant qu’il tente désespérément de combler l’écart grandissant qui le sépare de Biden, ce dernier mène une campagne où il se met rarement en danger.

Ce matin, le site Axios révélait que le candidat démocrate n’a eu à répondre qu’à 365 questions de la presse depuis le 31 août, alors que Donald Trump a dû le faire à 753 reprises. Même si le président sortant doit défendre un bilan, un tel écart permet de conclure que Joe Biden n’a pas à se surpasser pour maintenir le cap.

Pourtant, ce ne sont pas les dossiers chauds qui manquent. Si le président Trump et les médias jouaient la substance plus que le style, on exigerait de Biden des réponses claires et approfondies.

Mine de rien, nous sommes à moins de trois semaines de l’élection et nous attendons toujours du démocrate qu’il réponde à des questions sur la possibilité d’augmenter le nombre de juges à la Cour suprême, les coûts de son programme environnemental, ceux de son programme de soins de santé ou encore les coûts des compensations que pourraient obtenir les descendants des anciens esclaves noirs.

Tant et aussi longtemps que Donald Trump se contentera d’insulter son opposant sans s’intéresser au contenu et tant qu’il se contentera d’agiter les fantômes de Hillary Clinton ou de Barack Obama, comme il le fait depuis quelques jours, le candidat républicain permettra à l’adversaire démocrate de demeurer à l’intérieur de sa zone de confiance.