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Paul St-Pierre Plamondon: du racisme institutionnel, mais pas systémique

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Le nouveau chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon rejette le concept de racisme systémique pour y opposer celui de racisme institutionnel, écorchant du même coup le gouvernement fédéral, qu’il juge responsable d’un «apartheid» avec sa Loi sur les Indiens.

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«La position du Parti québécois, c'est celle que j'ai exprimée, à savoir qu'il y a du racisme institutionnel», a-t-il déclaré mercredi au terme d’une première journée de caucus à l’Assemblée nationale.  

Photo Stevens Leblanc

Même si trois des neuf députés du PQ – Véronique Hivon, Sylvain Gaudreault et Joël Arseneau – adhèrent au concept de racisme systémique, Paul St-Pierre Plamondon préfère se concentrer sur la nécessité d’aller de l’avant avec des actions concrètes. «On peut avoir une guerre de mots qui va durer pendant trois, quatre mois encore. Si c'est une excuse pour ne pas agir, on est dans l'erreur», estime-t-il.      

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Pour lui, le concept de racisme institutionnel est plus précis et permet de mieux lutter contre la discrimination, notamment envers les nations autochtones. Le débat sur l’existence ou non d’un racisme systémique au Québec fait rage depuis le décès de Joyce Echaquan, une femme attikamek, sous les propos injurieux de personnel infirmier à l’hôpital de Joliette.  

«Apartheid»

«Lorsqu'on parle d'une institution – on peut parler des services de santé –, on la définit, l'institution, et ensuite on se dit: qu'est-ce qui se passe dans cette institution-là? Est-ce que la structure, les règlements [...] est-ce qu'il y a d'autres facteurs pourraient amener une personne raisonnable à avoir des comportements discriminatoires? Ça, c'est précis, et ça amènera donc des solutions précises», fait valoir le nouveau chef péquiste.  

Photo Stevens Leblanc

De plus, avec le terme «institutionnel», il cible la Loi sur les Indiens, mise en place par le gouvernement fédéral, qui «de l'avis de tous les experts, crée un apartheid, une ségrégation».  

À l’opposé, le concept de racisme systémique est trop flou, juge Paul St-Pierre Plamondon. «Quel est le système, dans une société?» demande-t-il.  

Le PQ assumera son salaire

Par ailleurs, malgré ses finances chancelantes, le Parti québécois assumera le salaire de son nouveau chef. M. St-Pierre Plamondon n’est pas député et n’envisage pas de chercher à se faire élire lors d’une éventuelle élection partielle afin de pouvoir travailler à rebâtir son parti. Le montant qui lui sera versé sera décidé par l’exécutif du parti, a-t-il précisé.  

Photo Stevens Leblanc

Bien que le PQ traîne une dette de 2,4 M$, PSPP assure que les finances de sa formation sont meilleures qu’avant la course à la chefferie. «En fait, on n’est pas en difficultés financières, assure-t-il. Plusieurs facteurs font en sorte qu’en ce moment le Parti québécois a des finances qui permettent des ajouts.»  

Très présent à Québec

Malgré son rôle de chef extraparlementaire, PSPP entend être très présent à Québec lorsque l’Assemblée nationale siège. «C'est important que le chef soit présent, côte à côte avec les députés le plus possible, de manière à créer des synergies puis une relance», a-t-il expliqué.  

Photo Stevens Leblanc

«J'ai l'intention d'assumer mon leadership», prévient d’ailleurs le nouveau chef. «Pendant neuf mois, on a débattu, je suis désormais chef du Parti québécois, je serai présent ici à l'Assemblée nationale, mais je vais m'impliquer dans les choix stratégiques, je serai de toutes les réflexions par rapport à nos questions, par rapport à nos communications dans les points de presse», dit-il.  

Un défi de cohésion l’attend d’ailleurs, alors que trois députés, sur un total de neuf, appuyaient plutôt leur collègue Sylvain Gaudreault dans la course. «J'ai appelé personnellement tous les députés, tout le monde était très positif», a assuré Paul St-Pierre Plamondon.  

Hésitation sur l’application Alerte COVID

Questionné sur l’application Alerte COVID, M. St-Pierre Plamondon a d’abord révélé en point de presse qu’il ne l’avait pas encore téléchargée, avant de changer son fusil d’épaule durant le caucus. Le PQ refuse jusqu’ici d’encourager les Québécois à l’utiliser, même si ses députés l’ont téléchargé.  

«J'ai téléchargé Alerte COVID, comme les députés du PQ avant moi», a tweeté le nouveau chef au cours de la matinée.  

Pour expliquer son hésitation, M. St-Pierre Plamondon a souligné son emploi du temps chargé au cours des dernières semaines. «La vérité, c'est que je dors à peu près trois heures par nuit depuis plusieurs jours, a-t-il déclaré. C'est ça, la vérité. Donc, il y a des choses comme celles-là. Je gère deux déménagements en ce moment, j'ai deux enfants en bas âge, donc il faut mettre en contexte, là, au niveau de l'émotion, de l'énergie, les 10 derniers jours de la campagne ont été extrêmement exigeants, et, le lendemain matin, j'étais debout à 5h45 pour donner une série d'entrevues. Donc, mettez-le en contexte.» 

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