/finance/business
Navigation

Québec prêt à aider un autre investisseur qu’Air Canada

Il est toutefois hors de question que le gouvernement se lance seul dans l’aventure

Les vols d’Air Transat ont repris, à la fin juillet, après un peu moins de quatre mois d’interruption. Toutefois, le nombre de passagers transportés demeure très inférieur à la normale.
Photo courtoisie, Catherine Pleau, Transat Les vols d’Air Transat ont repris, à la fin juillet, après un peu moins de quatre mois d’interruption. Toutefois, le nombre de passagers transportés demeure très inférieur à la normale.

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre François Legault est disposé à aider des investisseurs québécois à damer le pion à Air Canada pour acheter Transat. Mais pour l’instant, aucun ne s’est manifesté publiquement.

• À lire aussi: Des millions en primes pour les dirigeants de Transat

• À lire aussi: Le Bloc exige plus de transparence du gouvernement

• À lire aussi: Un rabais de 530 M$ pour Air Canada

« Il n’est pas question que le gouvernement soit tout seul dans une aventure pour opérer une compagnie aérienne, ça, c’est certain », a déclaré hier M. Legault au cours d’une conférence de presse.

« Pour qu’on puisse appuyer, que ce soit Investissement Québec ou la Caisse de dépôt, un autre acheteur québécois, il faudrait d’abord qu’il y ait un acheteur sérieux », a-t-il ajouté.

  • Écoutez la chronique économique d'Yves Daoust avec Richard Martineau sur QUB radio:

Chiara dit non

Le Groupe Mach de Vincent Chiara, qui avait proposé d’acquérir Transat pour 14 $ par action, l’an dernier, a indiqué hier au Journal qu’il n’avait pas l’intention de rouvrir le dossier. Pour l’homme d’affaires, il y a actuellement trop d’inconnues pour plonger.

« L’inconnue du marché à cause de la pandémie – on ne sait pas quand ça va revenir –, l’inconnue de la situation [financière] actuelle de [Transat], l’inconnue de savoir si le gouvernement va intervenir pour aider l’industrie », a énuméré M. Chiara.

Le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, qui avait montré de l’intérêt pour Transat à titre personnel, l’an dernier, est resté discret hier.

Le Fonds FTQ à l’écoute

Au Fonds de solidarité FTQ, on se tient prêt à étudier une éventuelle proposition qui ferait concurrence à celle d’Air Canada.

« Le Fonds est prêt à analyser toute offre qui rejoint ses objectifs en matière de maintien du siège social et des emplois au Québec », a affirmé hier un porte-parole de l’institution, Patrick McQuilken.

Ce week-end, Air Canada et Transat ont annoncé s’être entendus pour une transaction révisée à 5 $ par action, soit 190 millions $ au total. C’est presque quatre fois moins que les 18 $ par action prévus dans l’accord conclu l’an dernier, soit 720 millions $ en tout.

Hier, l’action a bondi en Bourse pour refléter la nouvelle entente. Le titre a gagné 26 % pour clôturer à 4,83 $. Avant l’annonce du week-end, bon nombre d’investisseurs craignaient qu’Air Canada ne laisse tomber la transaction.

Étant à court de liquidités à cause de la crise, Transat avait besoin du consentement d’Air Canada pour emprunter 250 millions $. C’est cette situation qui a permis à la plus grande compagnie aérienne au pays de renégocier l’accord.

Si Transat avait refusé de relancer les discussions, Air Canada aurait pu omettre de répondre aux préoccupations des autorités gouvernementales en matière de concurrence, ce qui aurait pu faire échouer la transaction. 

« Les autorités peuvent demander un certain nombre d’ajustements ou de concessions et la motivation pour ces concessions dépend de l’intérêt de voir la transaction réussir. Cet intérêt n’est pas le même avec un prix à 18 $ dans le marché qu’on connaît qu’à un prix à 5 $ », a expliqué un porte-parole de Transat, Christophe Hennebelle.

« Ce qui est malheureux dans cette histoire-là, c’est qu’Air Canada est dans une position de force, a soutenu Vincent Chiara.­­­ [...] Quand la situation va être rétablie, ils vont avoir éliminé un concurrent, on va avoir perdu un siège social au Québec [...] et, évidemment, les consommateurs vont payer plus cher pour voyager. » 

– Avec Clara Loiseau