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Si vous étiez sur la chaise...

COVID Que 20201013
Photo courtoisie François Legault

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Les mesures restrictives appliquées en zone rouge font mal. Ces choix de dernier recours donnent des résultats pour limiter les contacts et par conséquent freiner la contagion. Mais le prix à payer est élevé.

Il y a d’abord un prix à payer pour les entreprises, les restaurants par exemple qui sont forcés de fermer leurs portes. Certains se demandent s’ils seront en mesure de rouvrir un jour. Leur frustration est accrue par le fait qu’ils avaient pris des précautions, à leurs frais, pour fonctionner dans le respect des règles sanitaires.

Les citoyens aussi payent un prix. L’humain est social par nature. Se voir privé de tous les lieux de rassemblement peut devenir source d’angoisse et de frustration. De surcroît, certains perdent leur emploi et d’autres sont privés de leurs activités préférées, les sportifs par exemple. 

Des solutions alternatives

Pas étonnant que des penseurs de tous les secteurs cherchent à développer des solutions de rechange au confinement. Comment gérer une pandémie sans stopper aussi brutalement le cours des activités normales ? 

Des voix dans le monde économique s’élèvent en faveur de la recherche de nouvelles options. Le coût économique du confinement sera trop élevé.

Des scientifiques américains ont signé la Déclaration de Barrington. Ils suggèrent une gestion de la pandémie basée sur la gestion par chaque individu de son propre risque. Autrement dit, on laisserait le virus circuler. Si vous vous sentez en danger, restez chez vous ! Les autres continueront à vivre le plus normalement possible.

Cette déclaration fait beaucoup de bruit. Elle suscite de l’intérêt parmi ceux qui cherchent une vision alternative depuis des mois. Loin de proposer une politique globale, cette petite déclaration d’une page établit de beaux principes sans donner de détails opérationnels. Par exemple, où vivrait le personnel qui donne les soins aux personnes vulnérables si le virus circule allègrement ? Dans des aquariums ?

Élucubrer vs gouverner

En gros, cette vision alternative a surtout le mérite d’être intellectuellement intéressante. Cela alimente la discussion. Peut-être pourrons-nous nous en approcher dans les mois à venir grâce à des tests instantanés qui permettraient de mieux dépister la maladie et un traitement médical qui permettrait de la soigner.

Pour l’instant, la vision alternative alimente simplement les discussions : on jase. Or pour celui qui gouverne, les choses ne peuvent se limiter au placotage. Celui qui gouverne porte sur ses épaules la responsabilité face aux conséquences.

Si les hôpitaux débordent, si le personnel de la santé épuisé fuit les établissements, si le nombre de décès augmente en raison de l’insouciance du gouvernement, on identifiera un responsable. François Legault déteste le confinement sous toutes ses formes. Mais il a été poussé à y recourir quand même.

Pour les commentateurs, il est infiniment tentant de faire du millage sur une vision alternative et de faire rêver à l’abandon des mesures contraignantes. Je vous affirme une chose : s’ils étaient assis dans le fauteuil du premier ministre, ils appliqueraient eux aussi le principe de précaution.

C’est ce qu’on appelle le poids de la responsabilité.