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Suisse: un concert de yodel superpropagateur du virus

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AFP

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Genève | Malgré la pandémie, le « yodelayheehoo » résonne encore dans les vallées suisses. Pas toujours pour le meilleur: un canton suisse est devenu l’un des « clusters » les plus virulents d’Europe après un concert de yodel réunissant 600 spectateurs. 

Lors de ce concert de yodel (chant folklorique tout en vocalises) qui s’est tenu fin septembre dans le canton rural de Schwyz, les distances sociales étaient respectées, mais dans le public le port du masque n’était pas obligatoire.

« Ce qui s’est passé avec ce groupe de yodel, on n’y peut rien. On a appris neuf jours après les représentations que plusieurs personnes de l’ensemble étaient contaminées », a déclaré l’organisateur de l’événement, Beat Hegner, à la télévision suisse publique RTS.

Conséquence, l’épidémie s’est emballée dans la région, avec désormais 1 238 cas contre seulement environ 500 à la mi-septembre. Mercredi, 94 nouvelles personnes étaient déclarées positives, soit plus du double que la veille.

L’hôpital cantonal, qui sature, a tiré la sonnette d’alarme et appelle la population à porter le masque et à éviter de se rassembler.

« La proportion de tests positifs est extrêmement élevé. On est passé de 30% 50% », a déclaré la directrice de l’établissement hospitalier, Franziska Föllmi.

« Il est temps de réagir. Actuellement l’explosion du nombre de cas à Schwyz est l’une des pires de toute l’Europe », a renchéri sur internet Reto Nüesch, médecin chef de l’hôpital.

Les autorités cantonales ont durci le ton également et rendu obligatoire depuis lundi le port du masque pour tous les événements publics et privés de plus de 50 personnes et aux situations ne garantissant pas la distance. Il ne l’est en revanche pas dans les magasins.

Le yodel, chant archaïque caractérisé par de fréquents et rapides sauts de voix, n’est pas réservé à la Suisse. On le trouve dans le Tyrol autrichien, avec d’autres variantes dans les montagnes d’Europe centrale, de la Pologne à la Roumanie. 

Mais, pour les Suisses, c’est un de leurs ciments identitaires, comme le tir, la lutte ou les jeux alpestres, utilisés depuis le 19e siècle pour réunir des régions disparates.