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Transat doit sabrer des emplois avant l’achat par Air Canada

C’est ce que prévoit la nouvelle entente conclue entre les deux entreprises

Air Transat
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin Le grand patron de Transat, Jean-Marc Eustache, lors de la plus récente assemblée annuelle du voyagiste, en mars dernier, peu après le début de la pandémie.

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L’entente révisée que viennent de signer Air Canada et Transat prévoit que le voyagiste québécois doit mettre en place un « plan de réduction des effectifs » avant la clôture de la transaction.

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C’est ce qu’on peut lire à la clause 4.2(4) de la convention d’arrangement, qui a été rendue publique mercredi en anglais seulement. Il s’agit d’une disposition qu’on retrouve rarement dans un contrat d’acquisition d’entreprise.

« On est dans une situation qui n’est pas habituelle non plus, c’est-à-dire qu’on est dans une situation où, de toute façon, des licenciements, on pense qu’il va y en avoir. Donc pour nous, cette clause [...] n’est pas une contrainte supplémentaire », a déclaré jeudi au Journal Christophe Hennebelle, vice-président aux ressources humaines et aux affaires publiques chez Transat.

Quelque 2000 postes en jeu

M. Hennebelle a rappelé que le mois dernier, l’entreprise montréalaise a indiqué qu’elle allait probablement devoir licencier 2000 travailleurs d’ici la fin de l’année à cause des effets dévastateurs de la pandémie de coronavirus sur le secteur aérien. Cela représente 40 % de la main-d’œuvre de Transat.

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« Évidemment, l’étendue de ce plan, c’est-à-dire le nombre précis de licenciements, dépendra de la situation au moment où on va le faire, mais c’est sûr qu’aujourd’hui, il n’y a pas de scénario où il n’y a pas de licenciements, malheureusement », a précisé Christophe Hennebelle.

Celui-ci a assuré qu’Air Canada n’avait pas exercé de pressions pour que Transat prépare un projet de licencier 2000 travailleurs.

« C’est une décision de Transat, absolument », a-t-il insisté.

Déjà mis à pied

Notons que la plupart des 2000 postes qui risquent d’être supprimés de façon permanente sont occupés par des salariés qui ont déjà été mis à pied. Les deux tiers de la main-d’œuvre de Transat sont actuellement au chômage.

Air Canada n’a pas répondu à une demande de renseignements du Journal à propos de la nouvelle convention d’arrangement.

Cette dernière prévoit également que Transat doit informer régulièrement Air Canada de son niveau d’endettement. Rappelons qu’Air Canada vient de donner la permission à Transat d’emprunter jusqu’à 250 millions de dollars pour renflouer ses coffres, que la crise sanitaire a sérieusement dégarnis.

En vertu du nouvel accord, les actionnaires de Transat recevront 5 $ par action, soit un total de 190 millions de dollars. Dans l’entente conclue l’an dernier, avant la pandémie, il était question de 18 $ l’action, soit 720 millions de dollars en tout.

M. Hennebelle a soutenu jeudi qu’en dépit des circonstances difficiles, la transaction demeurait la meilleure avenue pour les salariés de Transat.

« Nous pensons – et c’est une des raisons pour lesquelles nous sommes entrés dans la transaction – que les perspectives d’emploi à long terme sont meilleures avec une transaction que sans transaction, a-t-il affirmé. Mais à court terme, ça passera par des licenciements. 

MAIN-D’ŒUVRE ACTIVE DE TRANSAT     

  • Avant la pandémie 5100 personnes  
  • Au plus fort de la crise 800 personnes  
  • Actuellement 1700 personnes