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Une vie de débauche

Le livre À micro fermé revient sur les folles histoires de la radio FM

Sébastien Trudel
Photo Chantal Poirier Sébastien Trudel raconte les années folles de la radio.

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Sexe, drogue et rock and roll : c’était le cocktail de plusieurs animateurs radio vedettes de Montréal, dans les années 1970 et 1980. Dans son nouveau livre, À micro fermé, Sébastien Trudel a demandé aux Mario Lirette, Lucien Francoeur et Ricky Dee de ce monde de raconter leurs anecdotes les plus croustillantes. Âmes sensibles s’abstenir.

Ayant lui-même grandi dans le milieu des communications — son père est l’homme de radio Pierre Trudel —, Sébastien Trudel en a souvent entendu « des vertes et des pas mûres » sur cet univers où tout semblait permis à une certaine époque.

« J’entendais toutes sortes d’histoires et je voulais départager les légendes urbaines de la vérité. Quand ils m’ont déballé leur sac, c’était pire que ce que j’avais entendu ! » dit au Journal celui qui coanime l’émission Ça rentre au poste, avec Maxim Martin et Marie-Claude Savard, sur les ondes d’Énergie. 

Dans le bouquin, on peut lire que les animateurs vedettes faisaient beaucoup d’argent, il y a une quarantaine d’années. Et ils ne se gênaient pas pour le dépenser à outrance. « Dans le temps, je gagnais 3000 à 4000 $ cash par semaine dans les bars, en plus des 150 000 $ à la radio », raconte Michel W Duguay. 

« C’était fou : à l’époque, on était habillés par les magasins, on mangeait gratis dans les restos, les chars étaient fournis par des concessionnaires, se souvient Lucien Francoeur. Il n’y a pas d’autres mots pour le dire : c’était le bon temps ! T’avais des bonis de 20 000 $ si t’avais un bon sondage à l’automne ou au printemps. »

Invités à animer des soirées dans les bars, les animateurs FM étaient traités comme des rois. 

« Ça venait avec le sachet de poudre, la limousine, les filles, pis toute, mentionne Mario Lirette dans le livre. C’était solide. Je me souviens d’être allé animer à Laval dans un bar. Pour sortir de la limousine et monter sur le stage du bar, ça avait pris 20 minutes. Il y avait quatre bodyguards. Aujourd’hui, les stars, ce sont les DJ. À l’époque, c’étaient les animateurs de CKMF. »

De la drogue à profusion

La drogue était consommée en grande quantité à cette époque. Et les animateurs questionnés par Sébastien Trudel en parlent sans aucune censure. « On en a pris de la coke. Beaucoup de coke. On l’a sniffée, la ligne entre Montréal et Québec », raconte Mario Lirette.

« À l’époque, c’était inévitable, tout le monde consommait, mentionne Guy Aubry. Les partys du monde de la radio n’avaient absolument rien à envier à ceux du Studio 54 à New York ! C’était partout. C’était gratuit. Il y avait même un code en ondes. L’animateur ouvrait son micro et disait : “C’est le temps que le docteur passe.” Dix minutes plus tard, le pusher arrivait à la station. Pour nous, la poudre, c’était gratos ! »


♦ À micro fermé de Sébastien Trudel est publié aux Éditions de l’Homme.

La fin tragique de l’animateur vedette des années 80, Alain Montpetit  

Dans le livre À micro fermé, des animateurs radio reviennent pour l’une des premières fois sur la tragique histoire de l’animateur vedette Alain Montpetit. Dans les années 1980, il avait été impliqué dans une histoire de meurtre et était lui-même décédé mystérieusement cinq ans plus tard, aux États-Unis.

Mario Lirette était un bon ami d’Alain Montpetit, avec lequel il avait fait la pluie et le beau temps dans les bars de Montréal. Quand il a appris son décès, en 1987, il s’est demandé s’il s’agissait d’un suicide ou d’une surdose de drogue. 

« Personne ne le sait, dit-il dans le livre. C’est difficile de comprendre ce qui s’est passé. J’ai du mal à croire qu’il s’est suicidé. Je pense qu’il a fait une overdose et que c’était un accident. »

Marie-Josée Saint-Antoine aurait été assassinée par un animateur vedette de l’époque.
Photo d'archives
Marie-Josée Saint-Antoine aurait été assassinée par un animateur vedette de l’époque.

Quinze ans après son décès à Washington, les autorités américaines avaient déclaré que Montpetit était désormais formellement accusé d’avoir tué Marie-Josée Saint-Antoine, à New York. L’alibi qu’il leur avait donné en 1987 ne tenait plus.

« Quand Alain est mort, en 1987, j’ai dû faire le deuil d’un ami. Puis, quand la police de New York a annoncé ses conclusions, en 2002, j’ai dû faire le deuil d’un (présumé) assassin », mentionne Guy Aubry. 

Des souvenirs à profusion...  

Mario Lirette
Photo courtoisie
Mario Lirette

« Ça brassait. Beaucoup plus qu’aujourd’hui. On ne pourrait plus faire le party comme avant, à cause des droits, à cause de l’alcool au volant... Mais à l’époque, hostie ! si tu te faisais arrêter avec une bière entre les deux jambes, ils t’en demandaient une gorgée ! » 

– Mario Lirette


Ricky Dee
Photo courtoisie, RNC Media
Ricky Dee

« On faisait du cash, mais y a une gang qui était payée en coke. Je préférais toujours l’argent. Les flics de Laval nous haïssaient. Tous les groupes de bandits étaient chez nous, tout le monde voulait avoir le contrôle de la place et ça devenait difficile à gérer. »

– Ricky Dee


Lucien Francoeur
Photo courtoisie
Lucien Francoeur

« La coke était partout et, dès que tu entrais dans un bureau, les lignes se disposaient devant toi. Y avait des joints, mais ça on n’en parle pas, c’était de la drogue de bébé. Il n’y avait pas un poste de radio, à Montréal ou à Québec, où il n’y en avait pas. » 

– Lucien Francoeur