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La pandémie a le dos large

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Photo d'archives, AFP Les libéraux de Justin Trudeau font de l’obstruction pour empêcher les partis d’opposition de raviver le scandale WE Charity.

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La pandémie a le dos large à Ottawa.

Le gouvernement Trudeau bloque depuis plusieurs jours la réouverture des enquêtes en comité sur l’affaire WE Charity, sous prétexte que les ressources de l’État doivent être entièrement consacrées à gérer la crise de la COVID-19.

« Nous allons continuer d’être focalisés sur la COVID-19. Les conservateurs veulent parler de la petite politique, veulent parler de WE Charity », a plaidé Justin Trudeau en conférence de presse cette semaine. 

Cirque

Plusieurs enquêtes parlementaires sont tombées en août dernier à cause de la prorogation du Parlement. Les partis d’opposition souhaitent reprendre là où ils ont laissé. C’est de bonne guerre, surtout que des questions légitimes demeurent. 

Les partis d’opposition souhaitent particulièrement obtenir les reçus d’un bureau de conférencier qui a embauché la famille Trudeau pour le compte de WE Charity.  

Mais les libéraux au comité de l’éthique s’y opposent. 

Pendant des heures, ils monopolisent le temps de parole pour gagner du temps, à en épuiser les autres membres du comité. Cet entêtement ne donne pas une meilleure odeur à cette histoire. 

Un vrai cirque.

Pour rappel, WE Charity, c’est l’organisme ontarien ayant des liens très étroits avec la famille libérale qui a reçu 43 millions $ pour gérer un programme d’urgence de plus d’un demi-milliard $.

Un organisme qui a entre autres employé la mère et le frère du premier ministre, qui ont reçu au total plus de 350 000 $ en honoraires.

La même organisation qui a aussi offert un luxueux voyage à l’ex-ministre des Finances démissionnaire, Bill Morneau.

Les libéraux ont toujours plaidé que WE Charity n’a pas obtenu de traitement de faveur et que la décision de leur offrir ce lucratif contrat en pleine pandémie était l’idée des fonctionnaires. 

Beaucoup de choses ont été dites sur le sujet. Des milliers de pages de documents – dont de nombreuses caviardées – ont été rendues publiques. Justin Trudeau lui-même a témoigné, de même que des membres de son entourage. 

Petite politique

Tout le monde s’entend pour dire que rien n’est plus important que la gestion de la pandémie. Il y a mille et un problèmes à régler. 

Le temps et les ressources du Parlement ne sont pas illimités. Mais les 336 députés ne sont-ils pas capables de marcher et de mâcher de la gomme en même temps ?

Apparemment pas.

À moins que les libéraux soient aussi coupables de s’adonner à de la petite politique...