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Les croisés de l’antiracisme

Manifestation anti-racisme
Photo d'archives, Chantal Poirier L’avenir sera turbulent.

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Ceux qui ne comprennent pas ce qu’est le combat qui se mène actuellement dans nos cégeps et universités pour faire triompher l’acceptation du concept de racisme systémique vivent au passé.

L’offensive antiraciste qui nous vient directement des États-Unis est le pendant inverse du combat que mènent les complotistes. En contexte de pandémie, alors que l’anxiété collective atteint des sommets, ces courants de pensée transforment nos sociétés en terrains minés. Les explosions nous menacent tous. 

Des professeurs d’université sont désormais ostracisés par des étudiants antiracistes s’ils utilisent le mot « nigger » même dans un contexte purement académique. Seuls les Noirs américains ont le droit de le prononcer. Dany Laferrière, l’écrivain académicien d’origine haïtienne, se fait attaquer maintenant pour son livre Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer par des Noirs francophones qui donnent au mot « nègre » la même connotation péjorative qu’a le mot anglais devenu tabou.

Les militants antiracistes ont élaboré une liste de mots qui n’a rien à envier à la liste de péchés mortels de notre éducation à l’eau bénite. Il faut constater que les jeunes étudiants d’aujourd’hui sont endoctrinés dans nos écoles supposément laïques par des professeurs baignant dans la rectitude politique qui est devenue la nouvelle religion.

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Préjugés

C’est ainsi que nombre de jeunes croient désormais que les Québécois des générations plus âgées, nationalistes, sont aussi des islamophobes, des racistes, des homophobes et des antiautochtones.

On est en train de former de jeunes Québécois qui du fait de leur blanchitude devraient se culpabiliser pour tous les crimes commis par leurs ascendants mâles avant tout.

S’ajoute à leurs opprobres le fait d’être machistes envers les filles à qui des enseignantes féministes radicalisées enseignent que tous les hommes sont des prédateurs potentiels.

En fait, une guerre de tranchées s’est installée au fil des décennies et force est de constater que nous récoltons ce que nous avons semé.

Déracinement

Les Québécois de souche sont devenus des Québécois de bouche. Ils continuent de parler français, mais la culture qui a porté leur langue a été déracinée. La langue française réduite à un simple moyen de communication est amnésique. Elle ne permet pas de s’inscrire dans l’Histoire, une histoire qui nous rend fiers. Fiers de nos réussites et de notre détermination à nous sortir de la misère et de l’ignorance.

Une histoire aussi qui mène au respect de l’Autre, à la tolérance, et à la volonté collective de transformer ce pays plus rêvé que reconnu tel en laboratoire. Nous nous sommes secoués de nos scories religieuses et de la culpabilité qui en découlait. 

Et maintenant, les militants antiracistes, fort actifs sur les réseaux sociaux et toujours bienvenus dans les médias traditionnels qu’ils manipulent avec habileté et démagogie, prennent du galon. Dans les nouvelles générations, ils trouveront leurs adeptes, car leurs discours, emballés dans la vertu voire dans la pureté, portent loin. 

Ceux qui ont cru à la fin de règne du petit catéchisme qui avait réponse à tout se retrouvent perplexes et tristes devant des catéchumènes formés par un nouvel évangile, qui départage les bons et les méchants.