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Canadien: les effets positifs de la COVID

Golf du Canadiens
Photo d’archives, Chantal Poirier Geoff Molson et Marc Bergevin peuvent dire merci à Gary Bettman pour la formule qu’il a mise de l’avant pour les séries.

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Pour un gars qui se disait content de voir arriver les vacances, Marc Bergevin n’avait nullement l’air fatigué hier. Au contraire, il était enjoué comme on ne l’avait pas vu depuis longtemps. Il a parlé encore et encore. Il s’est excusé pour ses fautes de français. Il était encore sur l’adrénaline. On sentait qu’il avait la satisfaction du devoir accompli. Il semblait libéré.

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Bergevin n’a pas chômé au cours des six dernières semaines. Pour reprendre ses mots, il a coché toutes les cases correspondant aux quatre mandats qu’il s’était donnés à la fin de la saison et même plus.

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Il a accordé des prolongations de contrat à Brendan Gallagher et à Jake Allen. Il s’est assuré les services de Josh Anderson pour plusieurs saisons après l’avoir obtenu des Blue Jackets de Columbus en retour de Max Domi.

Métamorphose inattendue

Personne ne s’attendait à une telle métamorphose. Surtout pas lorsque la COVID-19 a fait irruption dans nos vies, en mars dernier.

Le Canadien était virtuellement éliminé des séries. Bergevin avait procédé à une liquidation d’effectifs. Les amateurs étaient en colère. Ils réclamaient des têtes.

Ça ne passait plus.

La suite des événements a permis que le Tricolore obtienne une chance de se racheter. Il s’est passé alors quelque chose que personne n’avait prévu lors du tournoi de la Coupe Stanley.

L’équipe n’a pas vraiment fait des miracles, mais certains joueurs se sont présentés sous un autre jour. Carey Price a été sublime, Nick Suzuki dominant, Jesperi Kotkaniemi impressionnant.

C’était une autre équipe que l’on avait sous les yeux.

Merci à Gary Bettman

Hier, un journaliste a demandé à Bergevin s’il pensait qu’il lui aurait été possible d’aller chercher les joueurs qu’il a obtenus sans que son équipe ne dispute les deux confrontations qui l’a opposée aux Penguins et aux Flyers, en août à Toronto.

La question était bonne.

Bergevin a répondu que c’était dur à dire. 

Mais, disons-le, oui, la maudite COVID a servi la cause du Canadien.

Geoff Molson et Bergevin peuvent dire merci à Gary Bettman pour la formule qu’il a mise de l’avant pour les séries.

Les ingrédients sont là

Le Canadien forme une meilleure équipe aujourd’hui. Ses partisans ont repris espoir. Ils voudraient que la saison commence maintenant.

Bergevin aussi, mais il se garde bien de s’emballer.

« J’essaie toujours de me fixer des attentes modestes », a-t-il répondu au premier journaliste qui lui demandait comment il entrevoit les prochaines saisons.

« Mais encore », lui ai-je demandé.

« On peut connaître du succès », a dit Bergevin.

« On ne forme pas seulement une équipe rapide. On a d’autres atouts. On peut gagner de différentes façons. On a des gros défenseurs qui ont du
caractère. On a une attaque équilibrée.

« On peut causer des surprises, mais on va attendre les résultats. »

Pas le droit de rater les séries

Sauf que cette fois-ci, les amateurs seront en droit de s’attendre à beaucoup plus que ce que le Canadien leur a donné au cours des cinq dernières années.

Attendons avant de parler de coupe Stanley. Mais le Tricolore n’aura pas le droit de rater les séries. Il pourra lutter à forces plus égales avec ses rivaux de l’Association de l’Est. Il devra imposer sa loi au Centre Bell.

La pression sera encore plus lourde sur les épaules de Claude Julien. Il ne pourra plus dire qu’il doit composer avec les éléments qu’il a sous la main.

Bergevin lui a donné un gardien auxiliaire de calibre, un défenseur au gros gabarit, un attaquant de puissance et un marqueur opportuniste.

Ce n’est pas rien.

Il ne reste plus qu’un accroc.

La maudite COVID ! 

Hommage peu commun  

Je connais Marc Bergevin depuis assez longtemps pour dire que c’est un bonhomme à la fois drôle et émotif. Il donnait de la bonne copie lorsqu’il était joueur. Il ne se cachait pas pour dire ce qu’il pensait.

C’est cet homme que j’ai revu hier en visioconférence. C’est lui qui a parlé de ses fautes de français. Il a dit savoir qu’il lui aurait fallu dire « sélectionner » au lieu de « sélecter » quand il a annoncé la sélection de Kaiden Guhle à titre de premier choix du Canadien au récent repêchage.

Bergevin a attribué son erreur au fait qu’il devait souvent parler en anglais. Ce n’est pas une excuse valable. Mais Bergevin a indiqué qu’il tenterait de faire attention à l’avenir et qu’il ferait de son mieux.

Qu’il demande conseil à Paul Wilson, vice-président communications du Groupe CH. Il est là pour ça.

Comme tortorella avec st-louis

Et que dire du vibrant hommage qu’il a rendu à Brendan Gallagher ? C’est rare qu’un directeur général ou un entraîneur parle d’un joueur avec autant d’émotion que Bergevin l’a fait pour l’attaquant.

John Tortorella, qui peut être détestable à ses heures, avait un respect infini pour Martin St-Louis. Et c’était réciproque.

Tortorella était parmi les invités d’honneur lorsque le Lightning de Tampa Bay a retiré le numéro 26 en l’honneur de St-Louis.

Bergevin est devenu très sensible quand il a parlé de Gallagher, hier.

A-t-il eu peur de le voir mettre les voiles l’an prochain ?

Car à l’écouter mardi, les négociations qu’il menait avec Gerry Johansson, l’agent de Gallagher, semblaient avoir pris une mauvaise tournure.

Johansson a dit qu’il y avait eu malentendu dans les minutes suivant la confirmation de l’entente, mercredi, ce que Bergevin a corroboré hier.

De quoi s’agissait-il ?

Mystère et boule de gomme.

Mais ce n’était pas le directeur général qui s’exprimait alors que Bergevin faisait l’éloge de Gallagher. C’était l’ancien joueur.

« Je sais, a acquiescé Bergevin. J’aurais aimé jouer avec lui. C’est un joueur vraiment spécial. »