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PSPP s’en prend au nationalisme de la CAQ

Il veut exposer aux Québécois les nuances de bleus entre son parti et celui du PM

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le nouveau chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, estime que les Québécois vont bientôt déchanter du gouvernement Legault.

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Aux élections de 2022, le Parti québécois ne pourra que progresser, estime son nouveau chef, parce que les Québécois réaliseront qu’ils ont été « floués » par le discours nationaliste de la CAQ.

Élu il y a une semaine, Paul St-Pierre Plamondon veut s’atteler, au cours des deux prochaines années, à déconstruire l’image nationaliste de la CAQ et du même coup aider les Québécois à départager les nuances de bleus entre son parti et celui de François Legault.

Sur papier, la plateforme du nouveau chef péquiste rejoint le programme de la CAQ sur plusieurs thèmes, dont la défense de la langue française et la laïcité.

Même en immigration, celui que l’on surnomme « PSPP » reprend essentiellement la proposition de son adversaire en proposant de réduire les seuils entre 35 000 et 40 000.

Il rejette aussi le concept de racisme systémique, tout comme le chef caquiste.

Mais le jeune avocat de 43 ans estime que les Québécois vont bientôt déchanter du gouvernement Legault, malgré ses appuis stratosphériques en ce moment.

« Plus le temps va passer, plus [l’idée que] “la CAQ fait une job correcte” va s’estomper et va se transformer en un sentiment de s’être fait flouer. Floués par l’expression “nationaliste” qui a été suivie par des actions contradictoires », lance-t-il en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Anglicisation de Montréal

Paul St-Pierre Plamondon cite la réduction des seuils d’immigration, qui n’aura finalement duré qu’un an « pour ramener ensuite les seuils de l’époque des libéraux ».

Même constat sur la protection de la langue française. « François Legault n’hésitait pas à jouer avec les sentiments des gens, il disait : moi ça me ferait bien de la peine si mes petits-enfants ne parlent pas français dans plusieurs générations. Mais en ce moment, avec le projet de loi 66, ils favorisent le réseau anglophone à fond la caisse, et donc on favorise l’anglicisation », illustre-t-il en référence à l’agrandissement du collège Dawson et du Centre universitaire de santé McGill prévus par Québec dans le plan de relance économique.

Silence face à Ottawa

Pour illustrer ce « nationalisme de façade », il évoque le silence sur les banquettes caquistes après les refus répétés d’Ottawa face aux demandes du gouvernement Legault, notamment pour une déclaration d’impôt unique gérée par Québec.

« Y’a personne qui se lève à la CAQ pour dire : c’est insensé et irrespectueux ! Si c’était vraiment un gouvernement qui a à cœur les intérêts nationaux des Québécois, il y aurait quelqu’un pour se lever et dire : ça n’a pas de maudit bon sens ! », lance-t-il. 

Les décisions d’Ottawa vont à l’encontre des intérêts du Québec, estime-t-il. « Ce sont nos impôts, il y a toujours ben des limites à se faire dire non ! », dit le chef péquiste.

Pour relancer sa formation politique, Paul St-Pierre Plamondon entend donc être celui qui se lèvera face à Ottawa pour dire « ce n’est pas acceptable, on mérite mieux que ça ». « C’est le point de départ », croit-il. 

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ASSUMER L’OPTION SOUVERAINISTE

Finies les tergiversations sur le calendrier référendaire, promet Paul St-Pierre Plamondon. S’il est élu, les Québécois se prononceront sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat.

« Tu ne peux pas espérer que des gens te suivent si tu n’assumes pas toi-même tes idées maîtresses fondamentales », estime-t‐il.

Malgré tout, il évite de jeter la pierre à ses prédécesseurs qui ont dû composer avec la « période post-traumatique » qui a suivi le référendum de 1995, puis avec le désir d’une grande partie de la population de défaire les libéraux aux dernières élections. 


TRAVAIL À LONG TERME

Sans jeter l’éponge pour la formation d’un gouvernement aux élections de 2022, le nouveau chef péquiste reconnaît que le parti part de loin et que son travail s’inscrit dans le long terme.

« On est dans une position où on n’a rien à perdre et tout à gagner. Donc, l’objectif, c’est de faire des gains », dit-il en évoquant un « nouveau cycle ».

Et il ne craint pas que la CAQ lui vole des sièges aux prochaines élections, puisque le taux d’appui aux troupes caquistes ne pourra que redescendre après la pandémie, selon lui.

D’ailleurs, M. St-Pierre Plamondon dénonce un certain amalgame entre la gestion de la pandémie et le message partisan de la CAQ.

« La marge entre la santé publique et le plan marketing de la CAQ, ça a été une confusion complète tout le long de la pandémie », estime-t-il. 


PAS DE SURENCHÈRE

Pour se démarquer de son adversaire caquiste, PSPP n’entend pas se lancer dans une « surenchère » sur des thèmes chers aux Québécois nationalistes, comme la laïcité.

Durant la course à la chefferie, il s’est engagé à reconduire la clause nonobstant pour protéger la Loi sur la laïcité des contestations judiciaires. Tout au plus, il pourrait étendre son application aux écoles privées.

PSPP entend plutôt miser sur des thèmes qu’il juge négligés par la CAQ, comme la lutte aux changements climatiques.

À ce titre, il qualifie le plan de relance économique de « plus grosse occasion manquée de l’histoire du Québec » pour entreprendre un virage vert.