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Incendie criminel à Limoilou: un bon samaritain leur sauve la vie

Un jeune couple a bien failli périr dans un incendie

Alexandra Foy, son conjoint, Nicolas Côté, et leurs deux chats sont sortis indemnes du brasier grâce à l’aide de leur voisin.
Photo Didier Debusschère Alexandra Foy, son conjoint, Nicolas Côté, et leurs deux chats sont sortis indemnes du brasier grâce à l’aide de leur voisin.

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Un couple qui a tout perdu jeudi lorsque son logement a pris feu dans le secteur de Limoilou, à Québec, aurait aussi pu y laisser la vie si un bon samaritain n’était pas venu le réveiller.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un incendie s’est déclaré dans un immeuble à logements de la 8e Avenue, dans Limoilou, jetant au passage huit personnes à la rue.

Bien que personne n’ait été blessé par le brasier, qui est désormais considéré comme étant d’origine criminelle, il aurait pu en être tout autrement sans l’intervention d’un des voisins.

Alexandra Foy, son conjoint, Nicolas Côté, et leurs deux chats sont sortis indemnes du brasier grâce à l’aide de leur voisin.
Photo Didier Debusschère

«Il était passé 3 h du matin quand j’ai entendu cogner à la porte. J’ai demandé à mon chum d’aller voir, mais il n’y avait personne. En se retournant pour me le dire, c’est là qu’il a vu les flammes à travers la fenêtre de la porte arrière», explique Alexandra Foy, qui demeurait au dernier étage de l’édifice.

Pas d’alarme

Sans faire ni une ni deux, le couple s’est précipité à l’extérieur de la résidence, à moitié habillé, pour se mettre à l’abri.

«La grosseur du feu, entre le moment où on est sortis et celui où on était dans l’appartement, ça avait déjà quadruplé. Le son était effrayant», se rappelle le conjoint de Mme Foy, Nicolas Côté.

Ce n’est qu’une fois en sécurité que le couple a compris qu’il avait été réveillé par leur voisin Yannick Beaulieu, qui avait entrepris de cogner à toutes les portes pour avertir tous les locataires du danger.

«S’il [le voisin] n’avait pas été là, on ne se serait pas réveillés, on serait peut-être morts», souffle Mme Foy, qui remercie le ciel que leurs cinq enfants n’aient pas été avec eux ce soir-là.

«Aucun détecteur de fumée n’a sonné, je n’ai entendu aucune alarme. Une chance qu’il est venu cogner. Je dois l’avoir remercié 20 fois!», ajoute-t-elle.

Tout perdre

Heureusement, tous s’en sont sortis indemnes, même les deux chats du couple, qui ont été secourus par les pompiers. Cependant, la douleur d’avoir perdu presque tout ce qui a été acquis durement reste difficile à encaisser.

«Hier [jeudi], ça ne filait vraiment pas. On a pratiquement tout perdu. On a réussi à sortir quelques photos et le lit de mes enfants, mais sinon on repart presque à zéro», déplore la mère de 30 ans qui a d’ailleurs perdu son emploi à cause de la pandémie.

«Au moins, on a des proches pour nous soutenir là-dedans. On a une famille tricotée serrée», souligne son conjoint. 

«J’ai fait mon devoir de citoyen»   

Yannick Beaulieu a frappé à toutes les portes de l’immeuble pour réveiller ses voisins alors que l’incendie faisait rage.
Photo courtoisie
Yannick Beaulieu a frappé à toutes les portes de l’immeuble pour réveiller ses voisins alors que l’incendie faisait rage.

Le bon samaritain qui a alerté tout l’immeuble du danger était sorti pour rejoindre un ami lorsqu’il a constaté l’ampleur du brasier qui s’élevait derrière l’immeuble, à l’insu des locataires.

«Je suis rentré en dedans et je me suis précipité au deuxième étage. J’essayais de faire le plus de bruit possible en frappant aux portes et sur les murs pour que les gens se réveillent en redescendant», explique Yannick Beaulieu, qui habitait aussi l’immeuble.

Quand il a eu terminé sa ronde, il s’est finalement rendu dans son propre logement pour aller chercher une amie qui y dormait, alors que la fumée s’était déjà engouffrée par la porte.

«On était les derniers à sortir du bloc. Deux minutes après qu’on ait évacué le logement, l’immeuble était fini», raconte l’homme de 26 ans.

Aucune hésitation

Questionné sur les raisons qui l’ont poussé à mettre sa vie en danger pour venir en aide à ses voisins, M. Beaulieu n’a pas hésité une seule seconde, il «devait» faire quelque chose.

«À 3 h du matin, tout le monde dort bien dur. Je ne pouvais pas les laisser comme ça. Je pense que j’ai fait mon devoir de citoyen», dit-il.

Pour l’heure, M. Beaulieu doit faire le deuil de tout ce qu’il possédait et chercher un nouvel endroit où loger.

Malgré tout, il refuse de s’apitoyer sur son sort et soutient que la tournure des événements aurait pu être bien pire.

«Ç’aurait pu coûter la vie à plusieurs personnes. Dans les circonstances, ce n’est pas si pire que ça. Une chance que je ne dormais pas!», lance-t-il, assurant qu’il agirait de la même manière si la situation venait à se reproduire.